Nous ne voulons plus de Tamazight officielle, mais une constitution pour Taqvaylit

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Nous ne voulons plus de Tamazight officielle, mais une constitution pour Taqvaylit
Nous ne voulons plus de Tamazight officielle, mais une constitution pour Taqvaylit

Paris (Tamurt) – Selon des fuites bien organisées, le pouvoir algérien s’apprêterait à officialiser la langue Amazigh dans la prochaine constitution voulue et décidée par Bouteflika. L’annonce sera faîte par le plus controversé des Kabyles au pouvoir, alias « l’orphelin du verbe », alias Ahmed Ouyahïa. Le même champion de l’arabisation qui a dispensé son fils des cours d’arabe.

Après une télévision en Tamazight pour mieux nous arabiser, le pouvoir opte pour un choix tactique dans l’énième violation constitutionnelle en satisfaisant  une revendication, qui n’est plus d’actualité depuis des lustres. Pour rappel : la première constitution algérienne était élaborée au cinéma le Majestic en 1963. En 2016 le clan d’Oudja nous refait un remake où se joue un navet appelé « officialisation de Tamazight ».

Cette annonce est un signe fort que le pouvoir d’Alger est aux abois.  Malgré qu’avec la grosse manne financière engendrée par la hausse du pétrole, le pouvoir a acheté la paix civile. Non sans conséquence, puisque la distribution de centaines de millions de dinars aux populations sans ambition ni volonté de travail, il a engendré une génération de rentiers sans aucun repère dans le monde du travail et du mérite. Il a dévoyé le courant islamiste en siphonnant tous ses thèmes de prédilections et en intronisant des terroristes sanguinaires en « personnalité nationale. Stade ultime de la corruption et du dévoiement. Il a cantonné la CNLTD à Zéralda après avoir atomiser la CNCD et le mouvement Barakat. S’il a pu corrompre tous les courants d’oppositions en Algérie, la mouvance indépendantiste kabyle demeure l’épée de Damoclès au-dessus de sa tête.  Seules les organisations kabyles résistent à la félonie de ce régime.

 Comme au lendemain du décès de feu Hocine Aït Ahmed, les actions du MAK ont obligé le pouvoir à précipiter ses décisions dans une confusion qui frise le ridicule. En officialisant Tamazight, le pouvoir croit tromper les Kabyles et les autres peuples amazighs d’Algérie en se contentant des effets d’annonces. En existant les organisations kabyles ont fait pour la cause plus que les mouvements culturalistes et leur corolaire politiques pendant tout leur existence.

Ce que Bouteflika est ses comparses ne savent pas, c’est que l’éveil des consciences en Kabylie dépasse largement des considérations revendicatives vis-à-vis d’un pouvoir inculte. Ils sont dans la phase de construction d’un Etat sur un territoire avec une langue et une souveraineté nationale. Ils veulent des chantiers de l’espoir et liberté pour rêver. Ils veulent ré-axer leur travail sur le mérite et la créativité. L’Histoire et les différentes expériences récentes ou passées ont forgé des convictions, concepts étrangers au système algérien.

La différence entre une langue et un dialecte ne se situe pas au niveau de la linguistique mais au niveau politique. Même officielle ce pouvoir fera de Tamazight un sous-dialecte. Ce n’est pas une Algérie dictatoriale née arabe de la répression des Kabyles entre 1963 et 1965, qui prendra soin de Tamazight. Une langue a besoin d’un Etat, d’une armée et d’une constitution.

Il est trop tard pour cohabiter, désormais nous ne voulons plus Tamazight dans la constitution algérienne mais nous nous battrons pour la constitution de Taqvaylit.

Zahir Boukhelifa