Nouvelle-Ville (Tizi-Ouzou) – Une tentative de démolition qui a tourné à la bagarre et à l’échauffourée

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La Nouvelle-Ville (Tizi-Ouzou), plus exactement la place se situant à proximité du lycée technique et la salle de sport Saïd Tazrout, a été, hier, le théâtre de violents affrontements entre les forces de l’ordre et les jeunes du quartier, aidés en cela par d’autres jeunes citoyens venus d’autres quartiers par esprit de solidarité.

Tout a commencé aux environs de 8 h 30 quand un engin de travaux publics, appuyés par la présence de 05 policiers, donna des coups de godet dans le but de procéder à la démolition de la bâtisse appartenant au nommé Ahmed Kaced, âgé de 70 ans et frère de deux martyrs de la guerre d’Algérie. Au moment des premiers coups de godet, le septuagénaire et ses enfants étaient à l’intérieur de la maison. Un de ses enfants a failli même être atteint quand une partie du toit tomba lourdement sur le sol. Ce sont les cris de détresse du vieil homme et de ses enfants qui ont alerté les voisins qui, comme un seul homme, se ruèrent sur les policiers. Quatre policiers ont préféré prendre la fuite dès le début des hostilités pour éviter le lynchage. Le cinquième, plus téméraire, prit son fusil de lance bombes lacrymogènes et en tira 04 environ avant de prendre la fuite à son tour. En effet, les riverains, choqués par la nature de l’intervention des pouvoirs publics pour démolir la maison de leur voisin, le prirent en chasse. Même un chien de la race pitbull fut de la partie. Heureusement, que dans sa course, il fut retenu en laisse par son maître; autrement, il aurait planté ses redoutables crocs dans la chair du policier.

Cependant, les choses n’en restèrent pas là puisque les forces de l’ordre sont revenues en force dans l’après-midi. Au moment où nous mettons sous presse, les affrontements d’une violence inouïe se poursuivent entre les deux parties belligérantes. Les policiers tentent de disperser les émeutiers à coups de bombes lacrymogènes et ceux-ci ripostent par une pluie de pierres. De l’avis de plusieurs, le pire est à venir. Par ailleurs, il y a lieu de noter que le nommé Ahmed Kaced a fait l’objet d’une interpellation. Quant à la tentative de démolition, elle est motivée, selon les autorités, par la décision de justice après que celle-ci eut considéré que la maison du septuagénaire a été construite illicitement. Cet avis n’est par ailleurs pas partagé par les citoyens connaissant son propriétaire.

Il est vrai qu’il y a deux poids deux mesures à Tizi-Ouzou. C’est le cas de le dire puisqu’il existe plusieurs constructions illicites, mais sans pour autant que leurs propriétaires ne soient inquiétés. Même des espaces publics sont déclarés « propriété privée » sans pour autant effaroucher les autorités locales.

Ceci dit, les racines du problème sont plus profondes et remontent à la politique anarchique en matière d’architecture et d’urbanisme qui a été engagée au début des années 80 dans ce qui est devenu la nouvelle ville de Tizi.

S.T