Ils ont observé un sit-in : Les demandeurs de logements de Tizi Ouzou en colère

0

TIZI-OUZOU (Tamurt) – Il y a évidemment un grand fossé entre le discours officiel et la réalité du terrain en Algérie. Dès le début de la crise économique en 2015, les responsables algériens au plus haut niveau ont tenu à rassurer le peuple que,  quelque soient les mesures qui seraient prises pour faire face aux difficultés financières du pays, le secteur de l’habitat ne sera aucunement affecté par la crise.

Or, deux années plus tard, on constate qu’il ne s’agit là que de fausses promesses puisque la majorité des projets de construction de logements patinent. C’est le cas notamment dans la wilaya de Tizi-Ouzou où les projets de l’habitat sont quasiment paralysés. On en veut pour preuve, entre autres, le retard énorme accumulé dans la réalisation des logements AADL-2003 ainsi que dans les opérations de démarrage des autres chantiers.

Pour protester contre ce constat amer, les demandeurs de logements dans le cadre du programme AADL 2003 de la wilaya de Tizi-Ouzou ont observé dimanche une action de protestation en réponse à l’appel lancé la veille par l’association qui les représente. Les concernés ont observé un rassemblement en face du siège de la wilaya de Tizi-Ouzou en brandissant des mots d’ordre dénonçant le fait qu’ils soient restés otages de retards qui n’en finissent pas.

Sur les 5700 logements devant être réalisés dans le cadre dudit programme, seuls 2700 ont été lancés pour l’instant. Autre couac : le taux d’avancement dans le chantier lancé n’excède pas les 10 %.  Théoriquement, la fin des travaux est prévue en 2018. Mais dans la réalité, aucun logement ne sera réceptionné dans les délais impartis à cet effet.  « Nous exigeons que soient transférés systématiquement le surplus de logements récupérés sur le programme AADL 1 au profil des souscripteurs AADL 2013 », revendiquent les protestataires. Compte tenu de la gravité de la crise, ces derniers exigent en outre la visite en personne du ministre de l’Habitat pour tenter de désamorcer « cette bombe ».

Tahar Khellaf