Où va la Kabylie ?

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KABYLIE (Tamurt) – Émeutes à l’université, Hold-up visant une agence postale, route nationale barrée par des citoyens mécontents ce mardi, grève de plus de 2 mois des enseignants de lycées, le siège du rectorat de l’université fermé et des grèves dans plusieurs départements, hausses vertigineuses des prix de tous les produits alimentaires et autres et des salaires qui stagnent depuis plus de vingt ans, etc… Tout ça se passe dans une partie de la Kabylie, à savoir la wilaya de Tizi-Ouzou.

Une situation des plus instables où la tension est constamment de mise. Les deux partis politiques qui représentaient la région ne sont plus que des groupes d’élus qui ne peuvent pas faire grand chose parce que les APC et même l’APW ne disposent pas de moyens financiers importants à même de pouvoir lancer des initiatives capables de faire avancer l’économie et de redonner l’espoir aux jeunes.

Avec un tel tableau noir, on se pose sérieusement la question : Où va la Kabylie ? Le destin de la Kabylie est plus que jamais incertain surtout quand on sait, et c’est là un secret de polichinelle, le seul rêve de la majorité des jeunes d’ici est de traverser la mer. Certains se bousculent chaque année devant les guichets de la loterie américaine, d’autres optent pour le Canada, notamment pour les facilités que ce pays permet et une grande partie a les yeux constamment rivés sur la France. On n’attend que le moment propice pour aller, une fois pour toute,  vivre en France.

Tous les moyens sont bons pour ce faire. Le désespoir de la jeunesse d’ici est tel que des jeunes de vingt à trente ans n’hésitent pas, hélas,  à faire les yeux doux à des femmes d’outre mer âgé de plus de soixante ans pour les épouser, l’essentiel étant de pouvoir aller vers un ciel plus clément. L’absence de perspectives est absolu. Même les milliers de jeunes qui ont bénéficié des projets dans le cadre des dispositifs de soutien à l’emploi de jeunes (Cnac, Ansej et Angem) ne cessent d’organiser des marches et des actions de protestation pour crier leur désespoir.

Pourquoi ? Le marché économique du pays ne leur offre aucune perspective. Alors qu’ils n’étaient que des chômeurs, après s’être engagé dans ces projets, ils sont devenus des chômeurs endettés en plus, parfois sur-endettés même. Il s’agit là d’un bref tableau noir mais réel de la situation en Kabylie. Et ce constat est bien sûr loin d’être exhaustif !

Tarik Haddouche