Participation sur fond de crise, le RCD à la croisée des chemins

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ALGERIE (Tamurt) – La crise qui a ébranlé la maison RCD suite à l’exclusion non assumée du dernier membre fondateur Ait Hamouda Nordine, ne fini pas d’avoir des prolongements au sein de ce parti.

Les causes qui avaient motivé l’ex député et vice président de l’APN, à ne pas mener compagne au profit du candidat aux sénatoriales 2015, semblent peser dans la position d’un groupe de membre du conseil national qui avaient interpellé le président Mohcine Bellabes par un courrier dans lequel ils avaient alerté la direction sur des pratiques étrangères au parti, consistant à entériner des décisions par un groupe du bureau régional que Mr Ait Hamouda avait surnommé ironiquement « GIC », et peser par la suite par la grâce de leur proximité au président réel du parti  qui continu à convoquer chez lui les cadres de Tizi pour leur donner les dernières instructions.

Au conseil national qui se tiendra aujourd’hui le 07 Octobre 2016, les membres du conseil national en voie de dissidence et à leur tête deux ex députés, semble décidés à dire tout haut ce que la base militante pense tout bas. Ils comptent interpeller leurs collègues et les membres de la direction nationale afin de les mettre devant leurs responsabilités quant aux circonstances qui découleront d’une décision à la hâte de participer aux prochaines élections législatives.

Bien que la décision de participer ait été arrêtée et serait entériner  par les membres du CN de Tizi-Ouzou, en surnombre par rapport à ceux d’autres régions presque démissionnaires, le groupe de ces cadres frondeurs exposera tous ses arguments pour avertir contre un coup de force légalisé. Ils évoqueront les raisons qui ont poussé le parti à boycotter les mêmes élections législatives en 2012, quand le parti avait demandé la mise en place d’une commission indépendante. Non seulement ladite commission n’a pas vu le jour, mais pire encore le pouvoir a verrouillé l’action des partis politiques par la nouvelle loi électorale qui réduit les formations politiques à collecter des signatures comme toute liste d’indépendants !!

Le point fort qu’ils comptent  mettre en exergue est relatif à l’ISCO et la CNLTD ou le RCD semble être réduit en spectateur après avoir été contraint de céder sur la plate forme de la soummam qui a été rejetée par les islamistes comme texte fondateur de l’Etat algérien. En effet dans la plate forme de mazzaffran il n’est pas fait référence au congrès de la soummam, mais uniquement à l’appel du 1er Novembre,  car mentionnant les principes islamiques dans son texte. Ces cadres demanderont aussi un état des lieux par rapport à ce rapprochement avec les islamistes et toute les concessions qui leur ont été faites pour qu’enfin de compte ils décident de participer seuls sans prendre  l’avis de leur partenaires aux prochaines législatives. Sachant que ce sont ces mêmes partis islamistes qui ont pesé dans la dernière réunion de l’ISCO pour entériner leur décision et laisser libre choix aux partis pour participer ou boycotter !!! La base militante du RCD demande à comprendre pourquoi alors s’encombrer avec des alliances contre nature si la décision devient individuelle ?! Le président du parti répondra t-il à ces doléances ?

Le conseil national d’aujourd’hui va être décisif pour ce groupe de cadres appuyés certainement pas d’autres militants qui feront entendre leur voix contre toute dérive de leur parti, ils sont restés pour la plupart observateurs pour favoriser la voie organique mais à présent ils comptent bien dire leur mot. Comme es chose se présentent et d’après certaines indiscrétions, le parti s’oriente vers une participation à ces élections législatives sur fond de crise qui risque de le fragiliser d’avantage. On murmure même qu’une crise couve entre le président légal qui commence à être jaloux de ses prérogatives et le président réel qui multiplie ses ingérences dans le fonctionnement du parti. Pour affirmer son autorité le président légal, appuyé par  l’aile jeunesse libre du RCD et des femmes démocrates, qui échappent au contrôle du BR de Tizi-Ouzou , compte organiser un meeting à la maison de la culture Mouloud Mammeri le 14 de ce mois, obligeant ainsi les organisateurs du Festival d’AKUFI prévu pour cette date par la fondation AFUD à annuler carrément cet événement auquel Said SADI avait consacré beaucoup de temps et de moyens. Les prochains jours nous éclaireront d’avantage sur tous les tenants et les aboutissants. La crise causée par le départ de Mr Ait Hamouda Nordine ne semble pas s’estomper.

Tahar Ouali