PARTIE 1 : Autonomie de la Kabylie ou l’Algérie et l’Afrique du nord démocratiques et plurielles

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CONTRIBUTION (Tamurt) – Le début de l’année de 2013 a vu l’aggravation de la situation des Kabyles et des Amazighs en matière de sécurité, des libertés et des droits de l’Homme dans leurs aspects socioéconomique, identitaire, culturel et politique. 

Algérie 2013 : Déni identitaire et arabisation totalitaire :

La crise identitaire s’accentue de jour en jour. Bouteflika et son pouvoir viennent de commettre un nouveau génocide culturel qui renforcerait davantage le naufrage du pays, par la désignation de la ville de : CIRTA ( CONSTANTINE) où repose le grand roi berbère MASSINISSA comme capitale de la culture arabe pour l’année 2015 . En plus de sa politique de déni, de négation et d’exclusion à l’égard de l’identité Kabyle, Amazighe et l’Arabe populaire algérien; le pouvoir infâme interdit l’inscription des noms berbères d’une manière injuste, raciste et illégale. Parallèlement il amplifie sa politique scélérate, totalitaire d’arabisation dans les régions amazighophones du pays notamment en Kabylie.

Algérie de 2013 : la peur, la terreur et le deuil sévissent encore

En plus d’ un climat d’insécurité, de peur et de terreur infligé aux citoyens, marqué par la multiplication des attentats terroristes, des « bavures » militaires, l’interminable série de kidnappings (pas moins de 70 en Kabylie), de l’étendue effrayante de la délinquance et de la violence sociale ; les tortures et les assassinats de petites filles et de petits garçons viennent s’ajouter à ces crimes qui endeuillent nos familles.

Au lieu d’apporter des solutions dignes de ce nom afin d’instaurer la sécurité, le pouvoir, animé de mauvaise de foi, s’enfonce dans le bricolage, l’improvisation. L’impunité est la seule réponse des pouvoirs publics face aux criminels qui sévissent en toute quiétude.

Fidèle à sa nature oppressive, il détourne les services de sécurité de leur mission naturelle et constitutionnelle qui consiste à protéger les citoyens et leurs biens pour les transformer en forces de répression contre des manifestations pacifiques. Pis encore, il empêche ces services de remplir leur devoir dans la lutte contre le banditisme et la criminalité. L’exemple de la Kabylie où tous les corps de sécurité ne sont jamais intervenus dans la lutte contre les kidnappings, est plus qu’édifiant.

Le pouvoir algérien ne respecte aucune liberté fondamentale. Les libertés de culte et de conscience, socle de toute démocratie réelle, sont quotidiennement bafouées. L’Algérie est désormais une république islamique qui exclue tous ceux et toutes celles qui ont pour foi une autre croyance que l’Islam.
Les libertés consacrés par la loi fondamentale n’est que de la poudre aux yeux. Les algériens de confession chrétienne sont persécutés, niés dans leur droit de vivre dignement leur religion, emprisonnés, pendant que le salafisme gagne du terrain et impose ses lois avec la bénédiction du pouvoir algérien.

Algérie de 2013 : coma économique, inflation pauvreté, désespoir et misère sociale

La démission de l’Etat s’est généralisée. La situation économique de l’Algérien en général et de la Kabylie en particulier est plus qu’alarmante. La corruption et la médiocrité qui caractérise la gestion des affaires publique ont plongé l’Algérie dans un coma économique qui se manifeste par un ensemble d’indices comme la pauvreté, un déficit croissant dans les secteurs vitaux tels que la santé, le logement et l’emploi, dégradation du pouvoir d’achat, l’opacité dans la gestion des marchés public, absence d’investissement dans les secteurs productif, l’école et l’université sinistrées ….

Le marasme n’épargne aucun secteur. Au moment où les citoyens crèvent de faim, Bouteflika débloque 4 milliards d’Euro pour la construction de la grande mosquée d’Alger.

Depuis les évènements tragiques du printemps noir, le pouvoir algérien n’arrêtait pas de parler de plan de relance économique en faveur de la Kabylie. Le constat est amer. Le régime raciste d’Alger fait toujours le contraire de ce qu’il dit. La Kabylie sombre de plus en plus dans le chaos économique. En dehors des prisons, des casernes et des commissariats aucun investissement public. Le chômage a atteint un record en dépassant la barre des 40%.
Pendant que les caisses de l’Etat sont renflouées grâce au prix élevé des hydrocarbures, le citoyen voit sa situation aller de mal en pis. Le pouvoir algérien est dépourvu de tout humanisme. Aucune mesure socio-économique urgente, aucune action de solidarité n’a été décrétée en faveur des couches les plus démunies.
Face ce désarroi dramatique et tragique , des jeunes Kabyles accablés par la misère, la détresse, le chômage et le désespoir, quand ils ne tentent pas l’aventure de Harraga, se livrent au suicide ou parfois même s’immolent par le feu pour fuir un enfer quotidien.
A la place des mesures économiques efficaces allant dans le sens de créer de la richesse et de l’emploi, le gouvernement algérien recoure comme à son accoutumée au mensonge pour apaiser les esprits et éteindre la colère sociale. C’est ainsi que son ministre du travail Tyaeb Louh, issu de la même région que son président Bouteflika, martèle sans cesse que le chômage est en baisse pendant que les diplômés se retrouvent à la rue sans aucune perspective d’avenir.

Algérie : un Etat de non droit fondé sur l’impunité

Des pionniers de la cause amazighe, aux martyrs du printemps noir, en passant par les martyrs de 1963, Abane, Krim, Khider, Tarbouche Mourad, Amzal, les victimes d’octobre 88, l’impunité est devenue la règle d’or du régime qui multiplie ses crimes contre la Kabylie et l’ensemble des algériens sans être inquiété.
Le régime raciste d’Alger ne peut rendre justice à ses propres victimes. Bien au contraire, il gracie et amnistie les terroristes coupables de massacres, bien plus, il les récompense matériellement. La politique de réconciliation Nationale de Bouteflika a transformé le bourreau en victime et la victime en bourreau dès lors que les victimes du terrorisme et leurs familles qui sombrent dans la misère, sont muselées et réprimée toutes les fois où ils exigent vérité et justice.
Dans l’impunité, prospèrent l’injustice, la tyrannie, la barbarie et la régression. Aucune paix, aucune prospérité et aucune démocratie n’est envisageable sans la justice et la vérité. Les tenants du pouvoir doivent répondre un jour de leur crime devant la CPI.

Algérie de 2013 dans une impasse politique et historique et aucune perspective d’ouverture ne figure dans l’agenda officiel du pouvoir

Les mascarades électorales du 9 avril 2009, du 10 mai 2012 et du 29 novembre 2012 rejetées par l’écrasante majorité des Kabyles et des Algériens ont délégitimé davantage le régime raciste d’Alger.
Les fraudes récurrentes et généralisées qui ont caractérisé ces mascarades ont fini par produire des institutions illégitimes et alibiles qui sont incapables aujourd’hui de résoudre ou la moindre doléance que soulèvent quotidiennement les citoyens.

L’échec des réformes annoncées par Bouteflika il y a deux ans, s’est confirmé par un dispositif de lois liberticides votées par une assemblée issue d’une fraude dépourvue de toute légitimité et représentativité. Le pouvoir fait encore dans la tergiversation du fait qu’il est incapable de confirmer la tenue, le report ou l’annulation de la révision constitutionnelle promise par le chef de l’Etat Bouteflika. Elle est apparemment remise aux calendes grecs.
L’ouverture des champs médiatiques et politiques que les décideurs ont présenté comme l’une des mesures phares de la nouvelle politique du pouvoir après les « printemps arabes » ne sont que des leurres destinés à duper l’opinion internationale. La réalité est toute autre : tout est verrouillé, tout est contrôlé par le DRS. L’Algérie est plongée dans un coma politique. Le premier ministre assure la gestion des affaires courantes. Le chef de l’Etat n’est pas en mesure de se déplacer, de discourir ou même d’assurer la moindre activité protocolaire. L’opacité dont est gérée l’état de santé du « premier magistrat du pays » est en parfaite violation de la constitution et des lois de «la république». Son incapacité de gérer les affaires de l’Etat ne date pas de son hospitalisation puisque son état de santé s’est détérioré depuis plusieurs années. Sa destitution est rendue légale sans pour autant constituer une lueur d’espoir vu que le problème est dans le système et non pas dans ses hommes même si ces derniers doivent être jugés pour crimes contre l’Algérie.
Un siècle identitaire et démocratique commence à prendre forme. Des peuples amazighs et du sud se libèrent des tyrans qui ont renié leurs droits, leurs identités et leurs existences pendant des décennies entières.
En Algérie, le système en place a tout fait pour discréditer les changements opérés pacifiquement en les assimilant à des manipulations étrangères et des ingérences dans les affaires internes de ces pays.
Tous les moyens sont bons pour maintenir le statu quo. La diabolisation de tout ce qui a trait aux mutations démocratiques, le chantage avec le spectre de l’islamisme et du terrorisme international, la création d’Ansar Edine dans le nord du Mali pour empêcher l’avènement dans l’Azawad d’un premier Etat Amazigh indépendant, démocratique et laïc de peur du phénomène du contagion notamment avec la montée en puissance du MAK.
Le soutien inconditionnel apporté par le pouvoir Algérien aux dictateurs du monde entier, comme de : Saddam Hussein, Omar el Bechir, Mugabé , Gbakbo, Ben Ali , Moubarak, Kaddafi … et actuellement le sanguinaire Bachar el Assad qui massacre quotidiennement son peuple confirme le statut d’Etat voyou de l’Algérie officielle qui se discrédite de plus en plus à l’échelle régionale et internationale.
Le pouvoir Algérien isolé et discrédité sur la scène internationale doit aujourd’hui sa survie aux grandes puissances occidentales en contre-partie de graves concessions économiques relatives notamment aux hydrocarbures. C’est ainsi que l’Algérie, Etat rentier, devient de moins en moins souverain. La diplomatie algérienne est tellement moribonde et anti-patriotique, à l’image du régime qu’elle incarne ne se soucie guère d’établir des relations internationales fondées sur la sauvegarde des intérêts du pays, l’échange de savoir et de technologie et le développement mutuel. Anti-Kabylisme, jacobinisme, racisme, arabisation, désinformation arbitraire, misère sociale, violence, répression, oppression, assassinats, kidnappings, terrorisme, corruption, coups d’Etats et fraudes électorales, tels sont les fondements d’un système pourri, disqualifié, colonial, corrupteur et corrompu qui bride, déstabilise, ensanglante et endeuille la Kabylie en particulier et l’Algérie en général depuis plus d’un demi siècle.
Les timides acquis arrachés au pouvoir par la rébellion de 1963 sous l’égide du FFS, le printemps amazigh, le boycott scolaire de 1994, les évènements d’octobre 1988 et le printemps noir de 2001 n’ont pas permis à la Kabylie et aux autres régions d’Algérie de sortir de l’impasse et de la régression pour aller vers l’autonomie, la justice,le progrès, la dignité, la démocratie et la prospérité.
Il fallait attendre la « chute » des régimes égyptien, tunisien et libyen pour que le régime algérien se penche sur la révision constitutionnelle. Il a installé à cet effet une commission chargée des consultations. Encore une fois, le pouvoir n’a pas rompu avec sa nature opaque puisque ladite commission est composée uniquement de ses organisations de masse et des partis politiques présents dans l’APN, une assemblée issue de la fraude électorale. Le MAK première force politique en Kabylie est ignoré. De ce fait la Kabylie est exclue du « dialogue national ». Plusieurs partis démocrates : le RCD, le MDS, et le PLD qui ont boycotté les élections législatives n’y figurent pas.
Pis encore toutes étapes et les procédures qui conditionnent la régularité de cette opération a été évacuée du débat. Parmi ces conditions préalables, on peut citer entre autres : mesures d’apaisement socio-économique, arrêt de la politique d’ arabisation et des dénis culturels et identitaires qui frappent le peuple kabyle et les amazighs en général, le jugement des assassins des martyrs du printemps noir et de la démocratie, l’ouverture politique et médiatique, l’instauration d’un gouvernement de transition issu d’un vrai dialogue national avec toutes les forces vives de l’Algérie, qui va préparer l’élection d’une assemblée constituante comme cela se fait dans tous les pays qui se respectent.
La nouvelle loi fondamentale ne peut répondre aux attentes des peuples d’Algérie que si elle reconnaissait un statut de large autonomie pour la Kabylie et les autres régions d’Algérie qui la demandent.

Nous constatons que les décideurs algériens n’ont manifesté aucune volonté de changement. De ce fait, cette révision annoncée pour cette année n’est qu’ une autre illusion pour maintenir en place un régime finissant condamné à disparaître top ou tard.

Mourad Imache