Parution de Tawnza – Entretien avec Boussaad Ouidja

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– Tawenza compte une centaine de poèmes qui traite d’une panoplie d’aspects divers et variés. Pouvez-vous nous dire comment l’idée de ce recueil a germé dans votre esprit ?
[Tawenza->http://www.tamurt.info/fr/tawenza-destinee,7196.html?lang=fr] est un recueil de la même lignée que ses prédécesseurs c’est-à-dire les six recueils déjà édités et les cinq autres qui verront le jour dans les années à venir. Petite précision, le recueil contient exactement 250 poèmes.

– Comment situeriez-vous Tawenza par rapport au reste de vos travaux c’est-à-dire vos précédents recueils de poésie ?
Il est le septième d’une série de 14 ou 15 qui attendent d’être édités. Mon ambition est de publier un livre au Maroc pour rendre hommage, à ma façon, à Dda Mulud At Mɛammar qui a perdu la vie en revenant de ce pays frère. Le Maroc est un pays où je compte de nombreux amis qui me sont très chers. Les considérations politiques et étatiques n’y changent strictement rien à la fraternité millénaire et je dirai presque naturelle qui existe entre nos deux peuples. La poésie et la littérature sont à mon sens un des moyens de jonction populaire capables de réunir la grande famille amazighe à travers toute Tamazgha.

– En vous lisant, on comprend très vite que vous vous inscrivez, du moins au niveau de la forme, dans la lignée de la poésie de Si Mohand. Pourquoi vous y attachez-vous au moment où une bonne partie de nos poètes y voient un format archaïque et dépassé ?
Comme dit un proverbe de chez nous : «Awal ma wezzil Tefra, ma ghezzif ad yini kra». En d’autres termes, j’ai fait appel à cette forme, car elle est facile à lire et même à retenir. La rime donne une intonation au poème. Ce format permet de focaliser le poème sur une idée simple et précise qui, tout en épousant une esthétique verbale propre à la poésie, ne trahit point l’essence même du poème à savoir la construction du sens. La structure du poème de Si Mohand conforte cette conception parant ainsi toute contradiction ou décalage idéel. Tu imagines si Si Mohand a composé des poèmes de 60 vers ! Qui aurait pu les retenir d’autant plus que nous sommes une société orale. Notre littérature continue d’être transmise oralement. Vous conviendrez donc que c’est grâce à ce format de poésie que nous avons sauvegardé notre patrimoine. D’ailleurs, cette structure existait bien avant Si Mohand. Je travaille d’ailleurs sur le projet d’un livre qui va alléger encore davantage ce concept. Il s’agit d’un recueil de citations de moins de quatre vers, chacune.

– Aura-t-on la chance de vous voir un jour déclamer vos poèmes à Montréal ou ailleurs à l’occasion d’une soirée poétique ou d’un festival ?
Si tout va bien le CAM : le Centre Amazigh de Montréal compte organiser une rencontre poétique à laquelle je prendrai part vers la fin du mois de septembre en cours. J’attends donc les précisions du président Kamal Serbouh, que je salue d’ailleurs au passage.

– Avez-vous d’autres projets d’écriture ?

Pour ce qui est des projets, j’en ai tellement. Il faudrait que j’édite les six recueils en souffrance ainsi que le livre de citations dont on vient de parler. Et puis j’ai un autre projet qui me tient vraiment à cœur. Il s’agit de deux romans, bilingue en français et en Kabyle. Je le présente ainsi, car l’originalité de ces deux ouvrages réside dans le fait que les deux romans vont s’entrecroiser aussi bien au niveau du titre que du contenu. Ça ne sera pas non plus une traduction vers l’une de deux langues. Il s’agit d’une sorte d’écriture translinguistique.

Propos recueillis par M. A. ALLIOUI

Ouidja Boussad. Tawenza-Destinée.(recueil de Poésie). Montréal, 978-2-9814759-0-9. 268 pp.

Pour toutes informations supplémentaires concernant l’ouvrage, les lecteurs peuvent prendre contact directement avec l’auteur en envoyant un courriel à b_ouidja@hotmail.com