Percée diplomatique des rebelles libyens : Kadhafi au pied du mur

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LIBYE (Tamurt) – Alors que Washington et Paris évoquent un armement des insurgés, Le «groupe de contact» sur la Libye, composé d’une quarantaine de pays et d’organisation régionales chargé du pilotage politique de l’opération internationale, dont l’Otan doit prendre en main le volet militaire, a affiché son unité mardi à Londres autour du constat que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi doit partir. «Kadhafi et son régime ont perdu toute légitimité et seront tenus responsables de leur action», a insisté le communiqué final, tout en précisant que «seuls les Libyens» pouvaient choisir leur avenir.

Pour la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, les frappes de la coalition continueront «jusqu’à ce que Kadhafi remplisse pleinement les conditions de la résolution de l’ONU», soit un cessez-le-feu immédiat et un accès pour l’aide humanitaire.

En marge de la réunion, le Conseil national de transition (CNT) de l’opposition libyenne a enregistré plusieurs avancées. Mahmoud Jibril, son responsable des affaires internationales, a rencontré les ministres des Affaires étrangères américaine, britannique et français.

Le CNT a promis des «élections libres et justes» et souligné ses «aspirations à un Etat uni, libre et moderne». Il a aussi insisté pour que «les crimes» commis par le colonel Kadhafi ne restent «pas impunis»

Sur le terrain, tout n’est pas aussi simple : l’amiral James Stavridis, commandant des forces américaines en Europe, n’a pas caché que l’OTAN n’avait « pas de représentant » en Libye pour assurer une liaison avec les rebelles. Lundi, le Pentagone avait reconnu ne « pas savoir » grand-chose des rebelles. Par ailleurs, l’amiral a affirmé qu’il y avait des « signes » de présence possible de militants d’Al-Qaida ou du Hezbollah dans les rangs rebelles, tout en jugeant que les chefs de l’opposition semblaient « responsables ».