Plusieurs ministres, en tant qu’invités d’honneur, seront présents aux galas d’Idir à Alger

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Idir en scène

ALGÉRIE (Tamurt) – Plusieurs ministres du gouvernement algérien seront présents dans les premières rangées lors des deux spectacles que donnera le chanteur  Idir début janvier à Alger. L’information est désormais officielle. Pour l’instant, la présence d’Azzedine Mihoubi, ministre de la culture (avec qui Idir passe le plus clair de son temps ces derniers jours) et El Hadi Ould Ali, ministre de la Jeunesse et des Sports est confirmé à 100 %.

D’autres ministres vont aussi se joindre à cette grande kermesse du FLN et du pouvoir algérien. La présence d’Abdelmadjid Sidi Saïd, secrétaire général de l’Union générale des Travailleurs algériens (UGTA) est aussi acquise, apprend-on. D’autres hauts responsables de l’Etat algérien, des chefs de partis politiques, d’anciens ministres et diplomates, etc… ont été presque convoqués pour occuper les premières rangées à la coupole Mohamed Boudiaf du stade du 5 juillet où auront lieu les deux spectacles. Ces deux galas ne sont aucunement destinés à renouer le lien entre Idir et ses fans kabyles, contrairement à ce que pensent beaucoup d’observateurs naïfs. Car si c’était le cas, Idir aurait pu confier sa tournée à une boite d’organisation de spectacles privées et non pas à une officine du pouvoir algérien en l’occurrence l’ONDA (Office national des Droits d’Auteurs). Avec le même prix du billet d’entrée à ces galas (2000 DA), n’importe quelle boite de production foncerait, les yeux fermées, sur cette opportunité. Quand on sait que la salle de la coupole a une capacité de  10 000 places, les deux spectacles feront donc une recette de pas moins de 40 000 000 DA. Une somme énorme qui couvrirait amplement tous les frais et bien plus. On peut conclure donc que la tournée d’Idir est tout sauf un retour et un geste d’amour envers ses véritables fans.

D’ailleurs, les organisateurs font des efforts incommensurables pour que l’assistance soit en grande partie non kabylophone afin d’empêcher que les deux galas aient un cachet ou une dimension politique anti-pouvoir. Les organisateurs ont vraiment peur de se retrouver dans une salle où des milliers de personnes crieraient à tue-tête : « Pouvoir assassin ! ». On imagine alors mal la réaction de Idir sur scène. Surtout après son silence honteux quand Belaid Djermane (responsable des éditions Izem et son bras droit) a oté de ses épaules le drapeau amazigh sans que Idir ne n’esquisse aucune réaction. Il a continué à s’exprimer principalement  en langue arabe devant les micros des chaines de télévision « Ennahar » et « Echourrouk ».

Tahar Khellaf