Plusieurs mouvements de contestation ce Mercredi à Tizi-Ouzou : La colère des kabyles s’amplifie dans tous les secteurs

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Le premier mouvement de protestation enregistré, lequel a été traduit par un sit-in à l’intérieur du siège de la wilaya est celui des gardes communaux. Les manifestants de ce corps de sécurité dont le nombre est estimé à plusieurs centaines ont été surveillés par un impressionnant dispositif de sécurité appartenant au corps de police. Notons que les policiers avaient pour mission d’empêcher les manifestants d’exprimer leur colère comme ils le souhaitent et non pour les protéger. D’ailleurs, même en notre qualité de journaliste, nous avons eu beaucoup de mal à les approcher. Les prendre en photo équivalait à espérer à vivre sur la planète mars. Mais toujours est-il qu’une fois dans la rue, certains gardes communaux ont accepté de s’exprimer sur les raisons de leur mobilisation. « Nous voulons que l’Etat nous octroie le statut auquel nous ouvrons de plein droit », nous confient nos interlocuteurs.

De la discussion, il ressort que ces éléments du corps de sécurité sont victimes d’une iniquité. En effet, les malheureux n’ont été rémunérés qu’à raison de 08 heures de travail par jour alors que leur mobilisation est de 24 heures sur 24. S’agissant de leur intégration dans les différents corps de sécurité officiels, aucun n’en veut. Ni l’armée, ni la police et ni la gendarmerie. Le motif invoqué pour justifier ce refus est simple : « Les gardes communaux ne jouissent pas de qualités requises pour faire partie de notre corps », avancent les responsables des différents corps officiels de sécurité.

Le haut commandement de la gendarmerie nationale leur a signifié un niet catégorique dès le début de leur demande d’intégration de ce corps. « La gendarmerie est un corps de sécurité d’élite », leur a répondu sans le moindre détour. Par la suite, même la police nationale et l’ANP ont opté pour cette réponse. Et pourtant, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, chacun de ces corps de sécurité fait appel aux gardes communaux. D’ailleurs, à chaque opération menée sur le terrain contre les terroristes, ce sont les gardes communaux qu’on place à l’avant du convoi ou de l’embuscade. En d’autres termes, les gardes communaux sont considérés comme la chair à canon. Et en retour, les malheureux agents de sécurité récoltent le mépris. De leur côté, certains citoyens civils, notamment les jeunes, poussent l’outrecuidance jusqu’à les railler. « La police taïwan » est l’expression utilisée pour signifier leurs « incompétence et inaptitude » à lutter contre le terrorisme. A l’entente de cette raillerie, policiers, gendarmes et éléments de l’ANP rient sous cape. Autrement dit, ils cautionnent l’avis des jeunes gens concernant les gardes communaux

Tout ceci pourtant n’est certains facteurs exogènes du mal qui ronge le corps de la garde communale. En effet, sa revendication porte sur pas moins de 12 points. En premier lieu, les gardes communaux exigent une attestation d’ordre de mérite pour participation à la lutte anti-terroriste pour tous ceux qui ont un minimum de trois ans de service. La deuxième revendication porte sur le paiement de toutes les heures supplémentaires qui sont au nombre de 16 par jour. Selon leur lettre adressée au ministre de l’intérieur et des collectivités locales, certains gardes communaux n’ont qu’une seule journée de repos tous les 15 jours. D’autres une journée tous les 21 jours d’activité et d’autres encore tous 28 jours. Le 3ème point revendiqué a trait à la prise en charge totale des victimes (gardes communaux) tombés au combat les armes à la main. A cette prise en charge totale, il faut comprendre une pension mensuelle d’un montant de 32.OOO, OO DA. Le 4ème point a trait à la revalorisation à 100% de la pension de tous les agents blessés aux combats et rendus handicapés à vie. La 5ème revendication a trait à l’augmentation des salaires promise, et ce, au même titre que les agents d’autres corps de sécurité et avec effet rétroactif remontant au 1er janvier 2008. Le 6ème point a trait au paiement de 09 jours de congé pour chaque année travaillée, et ce, à compter de l’année 1994. Le point suivant concerne une retraite complète après 25 années de travail, soit comme les éléments de l’ANP. Les points suivants tournent également autour du droit à la retraite et la prise en considération du nombre d’années travaillées comme tel.

En ce qui les concerne, les enseignants des cycles primaires et moyens, leurs revendications sont également d’ordre social et professionnel. Ils exigent notamment le paiement de leurs heures supplémentaires qui remontent à 2001. Selon leur porte-parole, en l’occurrence M. Sarni, le ministère de tutelle a dégagé une enveloppe de 182 milliards de centimes au profit de la direction de l’éducation de la wilaya de Tizi-Ouzou aux fins de liquider toutes les opérations laissées en attente. « La direction de l’éducation, affirme Mr Sarni, nous a informés que 39 611 situations réglées puisque les mandats de paiements sont envoyés aux services du trésor de la wilaya. Au niveau de ceux-ci, on nous dit qu’ils n’avaient absolument rien reçu des services de la direction de l’éducation. Et aujourd’hui encore, nous ne savons à quel niveau on nous ment ».

Aussi, pour crier leur ras-le-bol, ces enseignants, par milliers, ont marché aujourd’hui sous une pluie battante à partir du siège de leur direction jusqu’au siège de la wilaya où ils ont tenu un long sit-in, soit le deuxième. En effet, le premier, les manifestants l’ont tenu devant le siège du trésor public de la wilaya. Une fois arrivée devant le siège de la wilaya où les portails sont demeurés hermétiquement fermés, la marée humaine qui avait déjà parcouru les principales artères de la ville a dégagé une délégation pour s’entretenir avec les responsables de la wilaya. Hélas, ceux-ci, complètement débordés puisque ils avaient non seulement affaire aux gardes communaux mais aussi à de nombreuses situations tout aussi alarmantes ont signifiés aux enseignants leur impossibilité à recevoir leur délégation. Les enseignants qui n’ont pas voulu lâcher du lest ont juré de ne quitter les lieux qu’après avoir pris langue les hauts responsables de la wilaya, notamment la chefferie cabinale de la wilaya. C’est ainsi que devant le portail et sous une pluie battante, hommes et femmes du monde enseignant ont continué à exprimer leur colère à travers un rassemblement.

S’agissant de la troisième manifestation, elle a été organisée par les stagiaires du centre de formation professionnelle et d’apprentissage (CFPA) de Boukhalfa. Le mouvement de colère et de protestation a été traduit par un sit-in tenu devant leur direction de tutelle (direction de la formation professionnelle de Tizi-Ouzou) dont le siège se trouve à l’intérieur de l’espace de la direction de l’éducation, c’est-à-dire sur la route menant vers les lycées El-Khansa et Amirouche. Les stagiaires du CFPA de Boukhalfa se plaignent des interruptions répétitives de leurs cours lesquelles sont causées par l’occupation de leur établissement par les brigades de police antiémeutes. Faute d’espace et de moyens d’hébergement, les pouvoirs publics optent toujours pour le CFPA de Boukhalfa pour héberger ces policiers qui ont la mission de disperser les émeutiers dans la ville de Tizi-Ouzou et ses environs.

Comme les émeutes sont devenues à présent légion en Kabylie, le CFPA est quasiment occupé tout le temps. Et évidemment, quand les lieux sont occupés par ces policiers, les malheureux stagiaires sont poussés au congé forcé. Donc, ils n’apprennent rien et, par conséquent, leur formation est reportée aux calendes grecques.
Aujourd’hui donc, les manifestants ont exigé des pouvoirs publics la réappropriation de leur établissement et de ne le partager avec personne à l’avenir. Cependant, l’exigence est une chose et l’obtention en est une autre.

La quatrième manifestation a eu pour théâtre, et ce, pour la troisième journée consécutive, l’ensemble du carrefour de la Nouvelle-Ville. Les jeunes gens de ce patelin ont barré tous les accès donnant à partir de ce carrefour à tous les véhicules motorisés. Autrement dit, les boulevards Krim Belkacem et Ameyoud et la route de l’université vers le stade du 1er Novembre sont limités à partir de ce carrefour en question. Les manifestants ont opté pour cette action pour exiger des pouvoirs publics leur prise en charge sur le plan social et

professionnel. Notant cependant que l’accès aux piétons est laissé libre. S’agissant enfin du 5ème et dernier mouvement de contestation, il a pour initiateurs les étudiants de l’université Mouloud Mammeri. Ces étudiants sont à leur troisième semaine de grève. Il est à relever aussi que la journée d’hier, les étudiants grévistes l’ont également marquée par une marche laquelle a eu le point de départ le campus universitaire et le siège de wilaya le point d’arrivée. S’agissant de la plate-forme de revendications, elle est composée de plusieurs points dont la sécurité dans les campus, la révision de la formule LMD, la prolongation de la durée des études pour l’obtention du diplôme d’ingénieur agronome, l’amélioration des conditions d’hébergement. C’est surtout la sécurité qui fait défaut dans les campus universitaires de Tizi-Ouzou.

Beaucoup de malfrats, éléments extra au monde universitaires, avons-nous appris auprès de sources de bonne foi, exigent non seulement de restaurer aux frais de la princesse au niveaux des restaurants de l’université mais exigent aussi des plaisirs charnels auprès des étudiantes. A la cité de Tamda, une étudiante a été carrément violée il y a à peine quelques jours de cela par un groupe de voyous et sans que personne n’eut le courage d’intervenir pour la protéger. Il faut avouer cependant que par les temps qui courent, il faut être un expert en arts martiaux pour oser affronter ces parias de la société qui, eux, n’hésitent pas à utiliser tous les moyens pour se débarrasser de tout obstacle se trouvant sur leur chemin y compris le meurtre. Jouer au Zorro est bien beau mais il faut en avoir la capacité. La réalité est si différente du cinéma pardi !

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