Plusieurs victimes parmi les gendarmes et les civils : Attentat à la voiture piegée à Ath Aissi

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – La voiture bourrée d’explosifs a foncé tout droit sur l’enceinte de la gendarmerie et comme celle-ci se trouvait mitoyenne du bâtiment abritant les services de l’APC, les deux blocs furent presque entièrement détruits.

La charge explosive a été tellement puissante que les commerces et autres constructions se trouvant à un rayon de 150 mètres du lieu de la déflagration ont été sérieusement endommagés. Par ailleurs, le parc roulant de la gendarmerie ainsi que celui de l’APC ont été réduits à une casse automobile.

Selon M. Rachid Améziane, 1er vice-président de l’APC d’Ath Aïssi, le parc de l’APC était composé de deux camions, un tracteur, un bus et plusieurs voitures de service. « Seule la voiture de service du président de l’APC a échappé à l’explosion puisqu’elle était garée ailleurs, loin du lieu de l’attentat », a expliqué notre interlocuteur. Il ajoute que la destruction totale du siège de l’APC , devenue opérationnelle au début de l’année en cours, a été confirmée par les ingénieurs du Contrôle Technique de Construction (CTC).

C’est un spectacle de désolation des plus amers qui s’est offert aux yeux des passants. Des débris de verre, des amas de béton et d’acier jonchaient le sol. Aux alentours du bâtiment ciblé, les boutiques commerciales ont été soufflées. Les rideaux ont été réduits à un petit amas d’acier froissés comme du vulgaire papier.

A l’intérieur de la cour de la brigade de gendarmerie, le spectacle est encore plus désolant. Même si aucun journaliste n’a pu y avoir accès, nous avons pu quand même voir de loin certains véhicules et autres engins militaires complètement détruits.

Devant ce désastre, même des citoyens ont mis la main à la pâte, en plus des éléments de la protection civile et les ouvriers des quatre communes de la daïra d’Ath Douala, à savoir Ath Aïssi, Ath Mahmoud, Ath Zmenzer et Ath Douala pour nettoyer les lieux.

La peur et la panique s’emparèrent de beaucoup de riverains. Certains ont cru à un terrible tremblement de terre quand la déflagration a retenti. Les énormes nuages de poussière qu’elle a engendrés provoquèrent une atmosphère « d’apocalypse ». C’est pourquoi deux psychologues ont eu pour mission d’assurer une assistance psychologique aux riverains, les femmes et les enfants notamment, ayant subi des traumatismes.

Quant à la question de savoir qui a perpétré ce crime et dans quelles circonstances exactes il a été commis, personne n’a pu avancer des propos avec exactitude. En effet, au moment où nous rédigeons ces lignes, excepté les commanditaires et l’exécutant direct de l’attentat, personne d’autre ne peut dire si le crime a été commis par un groupe terroriste islamiste ou autre.

Par ailleurs, personne ne sait non plus si la voiture piégée a été conduite par un kamikaze où le conducteur l’abandonna juste avant l’explosion, soit donc que la déflagration fut provoquée à distance par un instrument électronique.

En tout cas, aucune trace de lambeaux de chair ne fut remarquée par nos soins sur les lieux de l’attentat et ses environs. Nous jugeons utile de préciser que lors de l’attentat à la voiture piégée dirigée contre les bâtiments des services des Renseignements Généraux (RG) à Tizi-Ouzou et exécuté par un kamikaze, de nombreux lambeaux de sa chair calcinée furent trouvés sur les lieux de l’explosion et les alentours.

Notons enfin que le chef-lieu de commune d’Ath Aïssi a été déjà ciblé dans le passé par des attentats à l’explosif. Celui de ce matin en est, au moins, le 3ème depuis moins de 10 ans.

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