La population oblige le wali à revenir sur sa décision

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TIGZIRT SUR MER

TIGZIRT (Tamurt) – Encore une fois, les officiels vérifient à leur dépens que la Kabylie est un territoire récalcitrant pas du tout facile à manier. Pour cela, le Wali de Tizi-Ouzou l’a vérifié à ses dépens ce week-end à Tigzirt s/mer, une coquette ville balnéaire à 45 kms au nord de Tizi-Ouzou. 

Arrivé en apparatchik conquérant pour passer ses vacances au bord de la mer dans une villa luxueuse qui baigne dans l’eau en fuyant la canicule insupportable de la ville de Tizi-Ouzou où le mercure atteint des records durant la saison estivale, gêné dans ses premiers déplacements par une circulation cauchemardesque, il prend une décision radicale in situ en interdisant l’entrée en ville aux poids lourds pour que lui puisse circuler librement loin du tintamarre que vivent les Tigzirtois et les touristes lambdas au quotidien. Une interdiction qui ne durerait que l’espace de son séjour. Une fois reparti, les ennuis peuvent recommencer pour le pauvre citoyen. Il a juste oublié une chose : le citoyen kabyle n’est pas aussi docile que ça.

Sitôt l’information connue, la colère monta d’un cran et l’artère principale est bloquée par une multitude de camions et d’engins en tous genres et la ville est paralysée de bout en bout. Alerté par ses sbires, il s’est illico, la mort dans l’âme,  résigné à annuler sa propre décision et ce n’est qu’à cette condition que le siège de la ville fut levé. Rappelons que durant les années 80, un kabyle de service, wali de son état à l’époque, a carrément privatisé une partie de la grande plage dans cette même ville pour que sa cour et toute la smala qui l’accompagnent bronzent loin du « petit peuple crasseux ». Au lieu de régler le problème du foncier et des espaces verts qui disparaissent petit à petit sous le béton, Le Wali Merad, d’habitude si prompt à sévir contre toute forme de contestation de son autorité, préfère détourner son regard du massacre d’une ville jadis nommée la suisse kabyle. Il a juste voulu passer des jours tranquilles dans sa résidence cossue.

Masslin  pour Tamurt