Portrait : Lynda Koudache, la première romancière kabyle

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CULTURE(Tamurt) – L’écrivaine kabyle Lynda Koudache, originaire de Ouacif dans la wilaya de Tizi-Ouzou et ayant vécu et grandi à Fréha près d’Azazga, est entrée dans l’histoire de Tamazgha et de la Kabylie par la grande porte. Et pour cause. Lynda Koudache, qui est âgée de moins de quarante ans et a de ce fait un avenir radieux devant elle en littérature, est la première romancière d’expression kabyle.

Avant elle, aucun roman en langue n’avait été écrit. Il y a eu certes les précurseurs en la matière mais c’était tous des hommes à l’image de Belaid Ath Ali, Rachid Alliche, Amar Mezdad, Said Sadi, Brahim Tazaghart, Tahar Ould Amar, Salem Zenia, mais il a fallu que Lynda Koudache passe à l’acte pour que l’on voit, enfin, dans les librairies un premier roman en langue kabyle signé par une femme. Il s’agit du roman « Aâchiw n tmes », paru il y a une dizaine d’années.

En dépit du succès obtenu par cette fiction écrite dans la langue chère à Mouloud Mammeri, Lynda Koudache a continué d’écrire et dans la même langue jusqu’à mettre le point final à son second roman, de loin plus abouti que le premier. Un pavé de haute facture littéraire, intitulé « Tamachahut tanegarut ». Le roman a d’ailleurs obtenu le grand prix littéraire Assia Djebbar. Il s’agit là d’une écrivaine qui a jeté le premier jalon sur un terrain très difficile et qui sans doute a eu l’effet boule de neige puisque juste après, d’autres femmes kabyles sont allées sur ses traces en écrivant, à leur tour, des romans en langue kabyle.

On pensera plus particulièrement à la regrettée Dihia Louiz, qui nous a quittés prématurément mais non sans avoir laissé à la postérité un roman émouvant, également en langue kabyle, et qui a d’ailleurs, lui aussi, obtenu le grand prix littéraire Mohamed Dib, cette fois-ci.

Tahar Khellaf