La position de Naima Salhi sur Tamazight reflète celle de beaucoup d’algériens

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TAMAZGHA (Tamurt) – Ce qu’a dit la députée et présidente d’un parti microscopique, Naima Salhi, au sujet de la langue Tamazight, reflète en réalité la position de la majorité des citoyens algériens. Les kabyles ayant eu l’occasion de séjourner dans les quatre coins de l’Algérie connaissent en réalité les vraies convictions de la plus grande partie des algériens concernant la question linguistique en Algérie et l’hostilité inimaginable qu’ils vouent à la langue, à la culture et à la dimension historique amazighe de l’Algérie.

Donc,  Naima Salhi n’a en vérité rien inventé ; elle n’a fait que dire ce que pensent ses concitoyens. Ceux qui tentent de réduire ce qu’a déclaré la désormais tristement célèbre Naima Salhi à un cas isolé se trompent lourdement. On l’a vu d’ailleurs avec ce qu’a affirmé l’islamiste et raciste Abdellah Djabballah concernant Yennayer.

D’autres hommes politiques algériens partagent les mêmes positions que Naima Salhi et Abdellah Djaballah. S’ils s’abstiennent de s’exprimer, c’est juste par opportunisme et pour deux raisons principales. La première est évidente : ils ne veulent pas s’attirer les ennuis et les foudres des décideurs actuels qui sont derrière les concessions accordées à la Kabylie, sous la pression du combat que mènent les indépendantistes depuis quelques années. Ils veulent donc rester dans le giron du pouvoir pour en tirer les dividendes que tout le monde sait.

Par exemple, rien que pour son poste de députée, Naima Salhi touche 40 millions de salaire mensuel à ne rien faire sans compter les autres privilèges qu’elle perçoit en tant que cheffe d’un parti qui soutient le clan présidentiel. L’autre raison qui empêche les responsables hostiles à l’Amazighité de partager leurs idées publiquement, concernant la langue Tamazight, c’est le fait qu’ils savent pertinemment que, s’il s’adonnaient à ce jeu malsain, il perdrait beaucoup de terrain en Kabylie, une région qu’ils convoitent depuis des années pour des raisons électoralistes.

Il faudrait donc s’abstenir de se faire des illusions au sujet des opinions de la majorité des algériens concernant la langue Tamazight et sa reconnaissance en Algérie. L’endoctrinement des algériens par l’école et les médias, entrepris par le régime politique dès 1962, a formé des citoyens qui pensent que la langue arabe est la seule valable dans le monde entier car, tenez-vous bien, c’est la langue du Coran, donc de Dieu. Une vision et un raisonnement des plus stupides que le pouvoir algérien a réussi à inculquer aux algériens afin de mieux les gouverner et les tenir sous sa férule aussi longtemps que possible. Ceci, au moment où tous les enfants des dirigeants algériens étudient, depuis toujours, dans les meilleures écoles et universités d’Europe et d’Amérique.

Tahar Khellaf