Pour le linguiste Benmokhtar, les langues amazighes sont victimes de l’arabisation menée par le pourvoir

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Farid Belmokhtar
Farid Belmokhtar

ALGÉRIE (Tamurt) – Dans une interview accordée au journal « El Watan », ce jeudi, le linguiste et enseignant de langue et culture berbères à Paris, Farid Benmokhtar, déclare que l’arabisation forcée entreprise par le pouvoir algérien depuis 1962 n’a fait qu’étouffer les langues berbères locales, comme le «ouergli», le «zénéte» ou le «righi».

La transmission intergénérationnelle de ces langues ne se fait plus, ou se fait d’une manière marginale, signalera ce chercheur. Et d’ajouter que c’est ce qui met ces langues en danger d’extinction d’autant plus qu’aucune production littéraire dans ces langues n’a été enregistrée hormis les chants folkloriques. Il dira aussi que l’hégémonie de l’arabe et d’arabité instaurée et menée tambour battant, depuis 1962, par le gouvernement algérien ne laisse plus de place aux autres langues. Même les régions berbérophones où les locuteurs se chiffrent par millions sont en situation difficile. Donc, les îlots linguistiques berbérophones, comme ces groupes du Sud n’ont aucune chance de survie devant le rouleau compresseur de langue et d’identité arabe menée par l’Etat algérien.

La solution viendrait, selon ce linguiste, par la réhabilitation de ces langues en les reconnaissant et en enlevant la chape de plomb qui dure depuis 1962 sur les locuteurs de ces langues et, enfin, les enseigner dès la première année du primaire et d’une manière sérieuse, alphabétiser les adultes, créer des médias lourds et le cinéma.

Amaynut