Poursuite de l’opération de ratissage : La Kabylie encerclée par les militaires

18

KABYLIE (Tamurt) – C’est la plus vaste opération militaire en Kabylie depuis quelques années. Elle mobilise d’importants moyens logistiques, des hélicoptères et l’artillerie. Quant aux résultats, ils ne sont pas encore connus ni communiqués. Selon des sources locales, plus de 4500 soldats ont été déployés dans plusieurs localités au niveau de Tizi-Ouzou, Tuβiret et Boumerdès. On ne connait pas encore la durée de l’opération, ni ses objectifs spécifiques. Les quelques témoignages des villageois Kabyles font état du déploiement en force de différentes unités de l’armée nationale populaire, commandées par un nombre important d’officiers supérieurs.

Les hauteurs des maquis de Sidi Ali Bounab, considérés comme le quartier général de l’AQMI en Kabylie, continuent d’être bombardés par les hélicoptères Outre le brouillage du réseau de téléphonie mobile depuis la matinée du jeudi dernier, on apprend que des villageois et agriculteurs kabyles, ont été empêchés de se rendre à leurs oliveraies et que des usagers de la route avoisinant la zone de ratissage ont été contraints de ne pas utiliser leurs itinéraires habituels pour se rendre dans des communes voisines.

La guerre n’est pas déclarée seulement dans la région de Sidi Ali Bounab. D’autres villages kabyles, connaissent en ces moments des opérations de ratissage, notamment dans les régions de Yakouren, Draa El Mizan, Dellys, Ammal et dans tout le massif forestier reliant Tizi-Ouzou et Tuβiret. Ces opérations militaires nous donnent l’impression d’une Kabylie encerclée militairement et isolée du reste du monde.

Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), dirigée par le terroriste Abdelmalek Droukdel, alias Abou Mosaâb Abdel Wadoud, depuis l’année de 2005, semble bien trouver dans les terres kabyles, un véritable fief pour l’exécution de plusieurs attentats meurtriers. Selon des sources concordantes, plusieurs leaders terroristes se trouveraient actuellement sur les hauteurs de la Kabylie. Juste avant le déclenchement de l’opération militaire, les différents groupes islamistes armés envoyaient leurs émissaires pour tenir une réunion organique, afin de planifier des éventuels attentats ou des opérations de kidnapping, comme celles qui ont eu lieu ces derniers mois en Kabylie. D’ailleurs, un autre enlèvement d’un citoyen kabyle à Yakouren, a coïncidé avec l’opération menée par l’armée.

Il semble bien que les quelques dizaines de groupes sanguinaires implantés en Kabylie et les forces armées du pouvoir algérien, ont choisi conjointement l’endroit idéal pour mener à terme leur confrontation inachevée. En effet, la Kabylie continue toujours de subir cette alliance objective entre les deux camps. L’instabilité sécuritaire persiste plus que jamais, y compris les kidnappings qui ne cessent d’augmenter. Livrés à eux -même, les citoyens kabyles démontrent de jour en jour une solidarité incontestable devant les opérations d’enlèvements. C’est un acte d’autonomie de fait, puisque les actions contestataires populaires en Kabylie, mettent toujours la pression sur les terroristes qui libèrent les victimes au lieu de demander une rançon, destinée généralement à financer leurs activités sanguinaires.