Le pouvoir algérien récidive

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KABYLIE (Tamurt) – Chasser le naturel, il revient au galop. Ce n’est pas le défunt Mouloud Mammeri en 1980, ce n’est pas Hacène Hireche en 2015 ni même Fodil Boumala en 2011 que le pouvoir algérien et ses subalternes tentent de museler ces jours-ci mais c’est Karim Akouche, poète, romancier et dramaturge kabyle, qui est depuis le début du mois de mars 2016 en rencontres littéraires au sujet de son roman Allah au pays des enfants perdus parue aux éditions Frantz Fanon.

À l’accoutumée, le pouvoir despotique et assassin se lance dans l’une de ses opérations d’oppression favorites, cette fois, pour étouffer la plume et endiguer l’ancre scintillant qu’elle fait couler par les mains d’un jeune humaniste, libre penseur et enfant de la Kabylie: Karim Akouche.

Ce dernier a annoncé ce qui suit sur sa page facebook: Ma conférence prévue demain à Melbou est interdite par les autorités algériennes. Je ne suis pas terroriste, je suis écrivain, ma seule arme est ma plume. Personne ne fera taire le poète. Personne !
Cette annonce a suscité la réaction de nombreuses personnes des quatres coins du monde, sur les réseaux sociaux ,qui sont en colère contre les manoeuvres malsaines du pouvoir algérien mais surtout solidaires avec notre jeune écrivain.
Les libres penseurs sont éternels. Ne meurent que ceux que l’on oublie. Combien le pouvoir algérien avait sevré de leurs rêves, de l’espoir de voir le bout du tunnel, de l’ambition de vivre un avenir meilleur et une vie prospère ? Les tués sont innombrables !

Jadis, le peuple a cru pouvoir vivre librement, il a pris les armes et il a vaincu la France coloniale et a fait déguerpir l’occupant de ces terres. Hélas! De notre temps, La mue de la société algérienne n’est pas un triomphe mais un désastre sur tous les plans. Le pouvoir a volé au peuple sa liberté arrachée au prix de plus d’un million et demi de martyrs. Depuis, il jure vengeance en décimant tous ceux qui portent l’Algérie dans leurs cœurs et honore ceux qui la portent dans leurs poches.

Allah au pays des enfants perdus :
Sauve-toi, homme libre ! Ne tend pas ton cou aux haches des bourreaux. N’expose pas ton corps aux balles des assassins. Ne pénètre pas dans les champs de mines du pouvoir algérien.
Tu es mieux vivant loin du mal que mort proche de tes proches.
Tu as revu la terre de tes ancêtres et ta tige, alors pars et ne meurs pas. Oui ! Tu es à fleur d’âge, la vie t’appelle.
Ô Poète, Gagne le large et laisse Allah au pays des enfants perdus. Laisse aller à vau-l’eau ces ténébreux assoiffés de sang et violence.
Comme lui l’ont pareil enterré, Tahar Djaout ne voudrait pas qu’on s’agenouille sur ta tombe, si jeune que tu l’es toi aussi.
Ainsi, rien ne t’empêchera de continuer ton combat.

Boualem Afir