Le pouvoir mobilise l’artillerie lourde contre le MAK

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Le pouvoir mobilise l’artillerie lourde contre le MAK
Un Kabyle brulant sa carte d'identité algérienne

KABYLIE (Tamurt) – Le wali de Tizi Ouzou, Brahim Merad, venu d’on ne sait où pour gouverner une partie de la Kabylie, au lieu de se pencher sur les projets en panne, il n’a pas trouvé mieux que de s’adonner à des attaques contre le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie. S’en prendre ainsi au MAK est devenu son activité principale de premier magistrat de wilaya.

Regrettable quand même qu’un wali, sensé être un cadre supérieur de l’Etat, se rabaisse ainsi à ce niveau en s’en prenant à une grande population dont il est supposé gérer les affaires, en critiquant le mouvement politique qui les représente le plus, à savoir le MAK fondé par Ferhat Mehenni. Ce même Ferhat Mehenni que le pouvoir du parti unique a emprisonné et torturé plusieurs fois à l’époque du parti unique.

Aujourd’hui, ne pouvant plus torturer les militants du MAK car le contexte internationale a changé, le pouvoir algérien utilise ses relais kabyles et arabe (à l’instar de Brahim Merad) pour s’attaquer aux kabyles sur leur propre territoire. En même temps, ce même pouvoir fait mine de reconnaitre le peuple amazigh d’Algérie et sa langue. Ça s’appelle souffler le chaud et froid. Une reconnaissance factice destinée à être consommée par l’opinion internationale et une campagne d’intimidation à consommation locale, réelle celle-là.

Pour revenir au wali de Tizi Ouzou, il y a lieu de rappeler que ce n’est pas la première fois qu’il s’acharne sur les militants du MAK.  D’abord, de responsable algérien (et quand on sait comment sont nommés les responsables de ce pays, on ne s’étonne pas), tente de minimiser la représentativité du MAK, en affirmant que les militants de ce mouvement seraient une minorité. Et, comme l’intelligence n’est pas le propre des responsables algériens, ce wali oublie qu’il se contredit sans le savoir. Car, si le MAK est une minorité, pourquoi alors s’alarmer autant et ne rater aucune occasion de le critiquer, même quand l’occasion n’y  sied guère ?

Il se contredit car si vraiment le MAK était minoritaire, pourquoi ajoute-t-il, feignant avoir la peur au ventre : «   il y a danger en la demeure  et ce mouvement pour l’autonomie est un danger pour l’unité du pays en allant jusqu’à frapper sa propre monnaie et confectionner son drapeau ». Brahim Merad qui poussent le bouchon plus loin va jusqu’à s’immiscer dans l’organisation de la célébration du printemps berbère le 20 avril prochain, sans nous dire où il était le 20 avril 1980.

S’il pouvait avoir le courage le 20 avril prochain et se rendre au centre ville au moment de la grande marche qu’organisera le MAK, il aura sans doute la réponse à toutes ses questions.

Lyès Medrati