Le pouvoir récupère la journée de la presse

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journalistes de Tizi Wezzu

TIZI-OUZOU (Tamurt) – En l’absence d’une organisation de journalistes libre et offensive à Tizi-Ouzou, la journée mondiale de la liberté de la presse a été célébrée sous la houlette des autorités locales alors que la région a été, de tout temps le bastion d’une presse libre qui ne s’acoquine jamais avec les autorités locales officielles afin de sauvegarder sa liberté.

C’est donc sous la présidence du wali de Tizi-Ouzou, Brahim Merad, ainsi que de la direction de la culture qu’une partie des hommes et femmes de la presse ont marqué la journée mondiale de la liberté de la presse en ce mardi 3 mai. En fait, la cérémonie de recueillement à la mémoire des journalistes assassinés à Tizi-Ouzou a eu lieu sous la supervision du wali ainsi que du président de l’assemblée populaire. Une gerbe de fleurs a été déposée, dans la matinée, au niveau de la stèle des journalistes assassinés, érigée à l’entrée ouest de la ville des Genêts alors qu’à la maison de la culture « Mouloud Mammeri », l’un des relais du pouvoir, à savoir la direction de la culture a organisé également une journée d’étude sur le thème du rôle de la presse dans la promotion de la diversité culturelle.

D’ailleurs, la directrice de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou, qui a remplacé le tristement célèbre El Hadi Ould Ali, a profité de cette occasion pour faire l’apologie du pouvoir arabo-islamique d’Alger et de sa « majesté » Abdelaziz Bouteflika. Voilà ce qu’elle dit lors de son discours devant quelques journalistes : « Aujourd’hui, nous sommes heureux de constater que l’information passe en plusieurs langues, y compris la langue amazighe, ceci depuis  la création d’une chaîne de télévision, de plusieurs chaînes radiophoniques et l’intégration de cette langue dans plusieurs quotidiens. Ceci sera encore plus conforté avec l’officialisation de la langue amazighe devenue effective depuis février 2016, grâce à la volonté du gouvernement et de son Excellence Monsieur le Président de la République Abdellaziz Bouteflika de promouvoir la diversité culturelle de notre Nation : richesses indéniables qui composent notre identité ».

Ainsi, tamazight a avancé grâce à celui qui a juré en 1999 que notre langue ne serait jamais une langue officielle et non pas grâce aux sacrifices des militants comme Bessaoud Mohand Arab, Matoub Lounès, Mouloud Mammeri, Ferhat Mehenni et Moha.

Tahar Khellaf