Prémices d’un printemps Amazigh en Afrique du Nord

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TAMAZGHA (Tamurt) – Les gigantesques marches des souverainistes Kabyles,  la révolte des Rifains, et émeutes à Tataouine, les contestations des Mozabites, la résistance armée de l’Azawad, pour ne citer que ces régions Berbères, sont les prémices d’un printemps Amazigh en Afrique du Nord.

Une révolte populaire spontanée se propage dans toute l’Afrique du Nord. Un fait inédit dans l’histoire contemporaine. Même s’il n’existe pas de coordination entre les régions berbérophones, un point commun relie les objectifs de protestation : la revendication de l’identité Amazighe et le rejet de l’arabité imposée depuis des siècles aux Amazighes.

Si les Kabyles sont habitués à la contestation, c’est la première fois qu’on voit des Amazighes de Tunisie sortir de l’ombre. Même en Libye, les Amazighs veulent leur langue comme seule et unique langue et officielle dans toutes les institutions et rejettent totalement la langue arabe.  Même à l’Oasis de Siwa, à l’Ouest de l’Egypte, des associations assurent l’enseignement de Tamazight aux enfants. Au Niger, un parti politique qui fait de la revendication Amazighe son cheval de bataille  a été créé l’année passée. Aux îles Canaries, le mouvement associatif Amazigh gagne du terrain. Les mouvements de protestations qui prennent de l’ampleur est une lueur d’espoir pour les peuples de la Numidie.

Les  réseaux sociaux ont joué un rôle prépondérant dans la prise de conscience des peuples Amazighs, au point même que des arabophones se réclament Amazighs.

La chute de Kadhafi en Libye et de Benali en Tunisie sont pour quelque chose dans ces mouvements de protestation qui se propagent. Reste seulement les Chaouias, qui sont pourtant très nombreux, à rester en marge de ce vent de révolte et d’espoir qui souffle sur la Numidie.

Ravah Amokrane