Présidentielle du 18 avril : Said Sadi ne sera pas candidat

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Saïd Sadi
Saïd Sadi

ALGERIE (TAMURT) – Finalement, Said Sadi, ex-président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), ne sera pas candidat aux prochaines élections présidentielles du 18 avril 2019. C’est tout le contraire de toutes les lectures qui avaient été faites par les observateurs et autres analystes au lendemain du retrait de Said Sadi de la présidence du parti qu’il avait créé après les événements d’octobre 1988.

Ce n’est pas Said Sadi lui-même qui en a fait la révélation mais il s’agit d’une conclusion somme toute logique du boycott annoncé par le RCD. Si Said Sadi avait l’intention de se porter candidat à la présidentielle du 18 avril 2019, le premier parti qui lui aurait porté son soutien aurait été naturellement le RCD. La décision prise par le RCD hier de boycotter ces élections implique que Said Sadi n’est plus concerné par cet événement politique. Pourtant, d’aucuns avaient pensé que Said Sadi s’était retiré du RCD afin de se préparer à « être le candidat rassembleur du camp démocratique ». Sans doute, il s’est passé des choses et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts entre temps pour pousser Said Sadi à changer d’avis et ne plus entretenir d’espoir sur le rôle qu’il pourrait jouer dans une Algérie que le clan de Abdelaziz Bouteflika ne veut plus lâcher. Le fait que même Said Sadi, dont l’entrisme a été toujours la stratégie, ne s’engage pas dans les élections présidentielles du 18 avril prochain, démontre l’ampleur de la crise politique en Algérie.

L’absence de Said Sadi à cette élection, ajoutée au boycott des deux partis du FFS et du RCD, est un scénario qui va encore réduire au maximum le taux de participation de la région de Kabylie aux prochaines élections présidentielles. Ce qui pèsera sur la crédibilité de ce scrutin. Mais le pouvoir algérien n’a jamais accordé aucun intérêt à la crédibilité d’une élection. On se souvient encore des élections présidentielles d’avril 1999. Malgré le retrait, à la dernière minute, des six candidats à la présidentielle, le vote a été maintenu et ses résultats avaient été validés par le Conseil constitutionnel. Donc avec ou sans crédibilité, l’élection du 18 avril prochain aura lieu et Bouteflika sera réélu malgré et contre tous. C’est ça, la démocratie à l’algérienne.

Tarik Haddouche

2 COMMENTAIRES

  1. Grâce aux précédentes participations du rcd comme lièvre des steppes, le régime est tellement rassuré qu’il ose présenter un homme qui de fait ne peut ni parler ni signer . La  » cour constitutionnelle  » va bientôt valider sa  » candidature  » , comme elle avait validé le  » parloir » cadenassé…

  2. L’impossible relookage du RCD
    Plusieurs tentatives de  » relookage  » du RCD ont
    échoué. La mauvaise réputation du RCD (et autres) demeure toujours : ces partis
    sont « allés très loin dans la compromission avec le Régime militaire ».
    Nés dans les Bureaux du DRS, ils n’ont aucune marge de manœuvre, ils ne
    pourront rebrousser chemin, car ils sont « tenus » enchainés par les Généraux
    qui les ont sponsorisés et propulsés au-devant de la scène, les entretiennent
    et les nourrissent. Quelle que soit l’impression qu’ils donnent, en vérité ils
    sont toujours et encore dans le giron du Pouvoir militaire en général, et
    chacun avec son Clan en particulier. Même élus à l’Assemblée-croupion/bidon,
    qui n’est qu’une chambre d’enregistrement, sans réel pouvoir. Ou aux APC
    (Mairies)…. Le Pouvoir réel est aux mains des Généraux criminels, des Maitres
    du DRS. Il repose sur la Police politique, la SM-DRS qui est le Centre
    névralgique, l’Enclave autoritaire principale, le Sommet de la pyramide, c’est
    à son niveau que s’élabore la réflexion « intrigueuse » et
    complôtiste ». Tandis que certains micro-partis, sans aucune base, sont
    délaissés, déconsidérés, méprisés par les Généraux, c’est chose normale,
    logique, prévisible. Ce sont des béni-oui-oui : ils soutiennent le Régime
    militaire, ont soutenu le Coup d’Etat de 92, la politique de répression,
    observé le silence sur les assassinats politiques, les massacres, les attentats,
    participé à la constitution de milices, impliqués probablement dans certains
    assassinats politiques (Matoub, etc.), lancé des offenses contre Mammeri et
    Djaout, attaqué l’Opposition, cassé le MCB et divisé la LADDH,
    AUCUN DISCOURS RADICAL….

    …… mais uniquement quelques mots  » doux et mous  » sur
    les modalités de fonctionnement du régime, pas d’accusation contre les crimes
    de la SM-DRS, ni dénonciation des crimes de masse perpétrés par les autres
    organes de répression, etc, etc.

    Pour le Régime militaro-mafieux, ces micro-partis constituent des
    forces d’interposition, des murs de soutènement, des digues contre
    d’éventuelles « tornades » populaires, révolutionnaires. La
    « fausse opposition » qui a cassé la « vraie opposition »
    historique, oppositionnelle. Le Régime ne peut être inquiété, tous les partis
    sont K.O, effrités, morts. Que ce soit les vrais ou les faux ! L’objectif
    principal des Maîtres de la Police politique secrète est de se maintenir
    éternellement au pouvoir, et pour ce faire ils ont mis en œuvre cette politique
    de la  » division, dispersion, éparpillement, émiettement, atomisation à
    l’extrême, sans cesse, pour qu’il n’y’ai plus de mouvement capable d’ébranler
    leur assise, l’écartement des positions étant tel qu’il n’y a plus de
    convergences, ou d’alliances, ou d’ententes, ou d’union possibles……

    Non aux à nos Belkheir’s Boys, à nos Nezzar’s Boys et Tewfik’s
    Boys….qui visent à : 1) diviser, isoler, séparer et délégitimer la Kabylie ;
    2) casser et neutraliser l’Opposition ; -3) sauver et perpétuer le Régime
    militaro-mafieux qui est le « mal originel « , la cause du mal et du
    pire, le démiurge !

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