Présidentielles algériennes de 2019 : Ouyahia barre le chemin à Sellal

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ALGERIE (Tamurt) – En mobilisant son poulain, en l’occurrence Belkacem Mellah, pour faire barrage  à Ahmed Ouyahia dans la perspective de la présidentielle de 2019, Abdelmalek Sellal a subi un revers. C’est même un grand revers. Car, c’est le contraire qui s’est produit jusqu’à maintenant. Autrement dit, c’est Ouyahia qui barre le chemin à Sellal pour le grand rendez-vous d’avril 2019.
Et comment ! L’homme chargé d’offrir sur un plateau d’argent « la voie libre et les voix du RND » à l’actuel Premier ministre algérien pour le fauteuil d’El Mouradia, a été « écrasé » par Ahmed Ouyahia dans la course pour le poste de secrétaire général du RND. Seulement 21 voix en faveur du poulain d’Abdelmalek Sellal et 1513 voix en faveur d’Ahmed Ouyahia. C’est une cuisante  défaite d’Abdelmalek Sellal –  car c’est lui le vrai rival d’Ahmed Ouyahia selon bien des indiscrétions en provenance du RND –  lors de la première bataille engagée laquelle a eu lieu jeudi dernier à l’hôtel El Aurassi (Alger). A l’issue de ce congrès extraordinaire où il était question d’élire le secrétaire général du parti, le vote  des congressistes a été traduit par bulletin secret. A présent donc, en sa qualité de premier responsable de parti, Ahmed Ouyahia jouit d’ores et déjà du statut d’homme présidentiable.  Ce qui n’est pas encore le cas d’Abdelmalek Sellal qui non seulement n’est pas encore plébiscité à cet effet par son parti, le FLN, mais voit  à présent ses chances de succéder à Abdelaziz Bouteflika diminuer grandement.
Le scepticisme de l’actuel premier ministre peut être considéré comme légitime dès lors qu’à peine la victoire d’Ahmed Ouyahia annoncé face à son rival dans la course à la tête du parti, voilà qu’il reçoit un message de félicitations du Président de la république. Le message de félicitations a été long, ce qui laisse aisément deviné que son rédacteur l’a préparé bien à l’avance. Et Abdelmalek Sellal, l’homme du système et qui connaît parfaitement les mœurs du système, doit sans doute connaître la signification de ce message de félicitations à l’endroit d’Ahmed Ouyahia et surtout le laps de temps très court mis de l’envoyeur à son destinataire.
Que peut faire à présent dans ce cas l’actuel Premier ministre dont sa convoitise pour le fauteuil d’El Mouradia n’est qu’un secret de Polichinelle ? Changer d’attitude envers Ahmed Ouyahia, c’est-à-dire lui faire les yeux doux dans l’espoir de le servir comme Premier ministre ? La main que tu ne peux mordre, embrasse-la, dit le vieux dicton. Ou peut être Si Abdelmalek a encore un tour dans son sac ? Trop tôt pour imposer une thèse définitive. Une chose est cependant sûre : Ahmed Ouyahia n’est pas homme à pardonner à ceux qui tentent de l’empêcher, légalement ou illégalement, d’atteindre ses objectifs.
Saïd Tissegouine