Pressions des enseignants et intimidations des camarades de classe : Dihia, cette jeune fille kabyle qui veut changer son prénom

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SOCIÉTÉ (Tamurt) – Après la série de refus des prénoms amazighs par des responsables d’état civil, notamment à Tizi-Ouzou (Tizi-Ouzou), depuis que le FLN a pris le contrôle de cette municipalité, les coups tordus et les réactions racistes à l’égard du fait amazigh sont légions, même si son statut de langue nationale, lui confère, on le souhaite, une place dans les institutions centrales algériennes.

Dihia, cette jeune collégienne kabyle, résidant à Alger ne sait plus à quel saint se vouer, depuis que des enseignants, lui mettent « une terrible » pression pour quelle change de prénom, elle qui porte le prénom d’une femme amazighe qui a marqué l’Histoire de Tamazgha.

Les parents de la jeune fille ne trouvent plus de solution. Ils veulent tout bonnement changer de prénom.
« Elle est complexée depuis que ses camarades de classe et des enseignants lui mettent de la pression », regrette un de ses cousins.
« On lui demande à chaque fois de leur expliquer le sens de son prénom afin de la complexer », informent-ils. Dihia veut à tout prix changer de prénom pour que cessent les attaques de tout genre qu’elle subit de la part de ses camarades de classe et de certains enseignants. Elle est à la recherche d’un prénom qui, en Algérie, serait acceptable aux yeux des tenants de l’arabo-islamisme de ce pays pourtant amazigh depuis la nuit des temps.

Ces réactions racistes et xénophobes ne sont pas nouvelles. On se rappelle que parler en kabyle était perçu comme une transgression de l’ordre anti-amazigh établi par le pouvoir algérien au lendemain de l’indépendance en 1962.

Neuf ans après l’officialisation de Tamazight en tant que langue nationale après les douloureux événements du Printemps noir, où 126 jeunes kabyles ont été assassinés par les forces de l’ordre de l’Algérie, cette langue demeure le point de fixation de toutes les institutions algériennes qui l’assimilent à une menace « sur l’unité du pays ». Une unité fondée sur la négation de tout un peuple.

Au début de cette année, des enseignants et des responsables d’APC ont poussé des élèves à présenter des « dispenses » pour ne pas suivre les cours de tamazight dans leurs établissements scolaires.