Le prix du billet fixé à 3000 DA : Idir va chanter pour les riches

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Idir

CULTURE (Tamurt) – Les citoyens ont été choqués et déçus de découvrir que le prix du billet pour avoir accès aux deux concerts que le chanteur kabyle Idir animera les 4 et 5 janvier prochain, sous le haut patronage, de Azzedine Mihoubi, ministre algérien  de la Culture, à la Coupole d’Alger, est de 3000 DA ! Il s’agit d’un prix exorbitant.

Généralement, le prix d’accès aux spectacles animés par des chanteurs algériens ne dépasse pas les 300 DA. Comme on peut donc le constater, pour avoir droit d’assister au concert d’Idir, il faut débourser dix fois plus. Il s’agit là du prix d’accès à la salle de la coupole. Il y a une autre option à 2000 DA. Elle concerne les places situées dans les tribunes. Mais dans les tribunes, le suivi des spectacles est loin d’être confortable, compte tenu notamment du fait que la scène est très éloignée du public. Idir va donc chanter pour la haute  classe, comme on pourrait aisément le conclure. Imaginons qu’une famille avec deux enfants (4 personnes donc) voudrait assister audit spectacle, elle devrait débourser la coquette somme de 12 000 dinars algériens qui représentent l’équivalent de certains salaires en Algérie ! Qui pourrait se le permettre ? La réponse est évidente. On comprend de plus en plus mieux les objectifs du pouvoir algérien en décidant d’organiser entièrement ce retour d’Idir en Algérie. Un retour qui a été inauguré par le passage, en grandes pompes, d’Idir dans les chaines de télévision, connues pour être très hostiles à la Kabylie, comme la tristement célèbre Ennahar TV.

On comprend aussi mieux les déclarations choquantes d’Idir au lendemain de l’annonce de sa tournée avec notamment ses attaques frontales et virulentes contre les indépendantistes kabyles ainsi que ses affirmations sur Matoub Lounes, qui « ne serait pas un Rebelle mais un pauvre malheureux et un malade ! ». Matoub Lounes, lui, animait tous ses spectacles gratuitement dans les stades de Kabylie, et en l’absence de tout officiel. Il n’y avait même pas des policiers pour assurer la sécurité lors des spectacles du Rebelle.

Tahar Khellaf