Procès à Paris : La Députée de l’immigration Versus Omar Ait Mokhtar

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PARIS (Tamurt) – La 17 ème chambre du Tribinal de Grande Instance de Paris a abrité ce jeudi 24 octobre vers 14h30 le procès intenté par Montalechta Chafia, députée de l’immigration à Omar Aït Mokhtar, coordinateur du mouvement des Algériens de France (MCAF). Ce dernier est mis en cause par son ex-concurrente aux législatives algériennes dans une affaire d’injures publiques et de diffamation de sa personne.

Les faits remontent à février 2011. Dans une lettre-réponse au vitriol aux propos tenus par la députée de l’immigration dans les colonnes du journal algérien El Watan où elle traite le mouvement de Omar Aït Mokhtar de nébuleuse aux origines inconnues. Le mis en cause a vidé son sac dans des termes peu élogieux quelques jours plus tard dans la presse électronique et les réseaux sociaux.

Après le rappel des faits qui consistent en sept chefs d’inculpation pour diffamation et trois autres pour injures publiques, la présidente de la cour relève l’identité des deux parties. De nationalité française, demeurant sur le sol français et membre du parti socialiste français, madame la députée a du justifier ses origines algériennes devant l’incompréhension de la cour.

Le premier à venir à la barre est le coordinateur du MCAF. Pour sa défense, il a rappelé son parcours militant au sein de la communauté algérienne de France et son combat contre la corruption et les abus dont sont victimes les algériens établis à l’étranger. Il cite entre autre sa bataille contre la cherté des billets de transports entre l’Algérie et la France et sa mobilisation pour un meilleur service aux citoyens des représentations consulaires algériennes en France.

Quant au contexte dans lequel il a rédigé son pamphlet contre la plaignante, il a rappelé sa profonde blessure provoquée par les propos tenus par la députée. Tout en brandissant le tract de campagne de cette dernière, il a expliqué que son élection est entaché de scandale puisque son staff politique et ses soutiens ont utilisé les mosquées notamment celle de Paris pour chercher des voix. Dans le même sillage il a indiqué à la cour que sa concurrente a eu le soutien de 200 imams et du réseau Racahad, issu du parti islamiste algérien dissout le FIS. Interrogé sur les insultes qu’il aurait proféré à l’encontre de la plaignante, il déclare « ma Kabylité ne me permet pas de proférer des insultes ». « la société kabyle est foncièrement laïque, je ne suis pas contre la religion, mais pour moi c’est une question privée, on ne doit l’utiliser en politique. En tant que Kabyle je revendique la tolérance dans la pratique religieuse, nous sommes les seuls à jurer au nom de toutes les croyances ».

Quant à la plaignante, elle a mis en avant son appartenance à la classe politique française et sa longue expérience au sein du parti socialiste au niveau local (Poissy). Son insistance à démontrer le visage d’une femme politique française, a semé la confusion parmi la cour. La présidente a du mal à la saisir précisément du fait qu’elle se présente comme étant française, mais dans un document émis par la défense elle justifie son refus de porter son soutien à une action contre la compagnie Air Algérie, sous prétexte qu’elle ne veut pas porter atteinte à sa patrie à partir d’une terre étrangère.

Elle s’est dite outrée par les propos de son adversaire surtout ceux visant sa famille. Elle a exprimé des craintes sur sa vie parce que le prévenu dans sa lettre avait écrit qu’elle était soutenu par un réseau terroriste du nom de Rachad. Cette affirmation selon elle, est grave surtout qu’elle est originaire d’une région (Blida) très affectée par le terrorisme islamiste et de ce fait elle craint une vengeance des victimes du terrorisme.

L’avocat français de la partie civile a mis le doigt sur le non agrément du mouvement de Omar Aït Mokhtar. En conclusion il a déclaré que « monsieur Omar est un mythomane en mal de notoriété » et demander l ‘application de la loi. Pour la défense représentée par Me Bouzettine, rentré de Kabylie la veille pour plaider, l’affaire est politique. Il estime que son client a apporté la preuve de tout ce qu’il a avancé dans sa lettre, à l’exception de l’accusation portée par son client concernant le casier judiciaire garni de la plaignante. Il a rappelé que la députée a été élu sur une liste d’un parti politique algérien UFDS qui a reçu son agrément deux mois avant la tenue des élections.

Dans son mot de la fin la Procureure de la République a retenu que deux motifs de diffamation. Le soutien d’un réseau terroriste et la prétention du casier judiciaire garni. Pour Me Bouzettine, sa plaidoirie a démonté pièce par pièce les accusations de la partie adverse. Il a évoqué la possibilité de l’abandon des poursuites au motif que son client n’a fait que se défendre et que la Cour peut retenir le motif de la provocation.