Qui se souvient de Guermah Massinissa ?

0

KABYLIE (Tamurt) – Dix-sept ans après l’assassinat du jeune lycéen Guermah Massinissa, on ne sait toujours pas grand chose sur les détails de ce meurtre perpétré à l’intérieur même d’une brigade de gendarmerie de la région d’At Douala, en plein cœur de la Kabylie profonde. On ne sait pas non plus si le gendarme qui a tiré en le tuant, sur Guermah Massinissa, a été jugé par un tribunal ou bien si ce crime est resté impuni à l’instar de tant d’autres assassinats politiques commis en Algérie depuis l’indépendance voire même bien avant.

En tout cas, une chose est sûre,  Guermah Massinissa n’a bénéficié d’aucune reconnaissance ni d’un statut de martyr qui lui revient de droit et de fait. Car, c’est suite à son assassinat qu’il y a eu le déclenchement de la révolte kabyle en 2001. Ce qui a suivi est un drame dont on ignore également beaucoup d’éléments. Malheureusement, c’est le sort réservé à tous les autres martyrs tombés sous les balles des gendarmes algériens au lendemain des manifestations ayant suivi l’assassinat de Guermah Massinissa. Plus de cent martyrs ne sont pas reconnus et aucun statut ne leur a été accordé. Même la placette qui avait été érigée à leur mémoire au centre ville de Tizi Ouzou a pratiquement été supprimée à l’instar du carrefour Matoub-Lounès devenu la Placette de l’olivier, faut-il le rappeler.

Peut-on vraiment avancer sans que l’histoire ne soit écrite avec vérité et fidélité ?
Cette page, celle du printemps noir de Kabylie, ayant eu lieu presqu’à la même période que le printemps berbère de 1980 (à la veille du 20 avril) reste une étape historique dramatique de l’histoire récente de la Kabylie. Mais les zones d’ombre concernant cette page noire n’ont jusque-là pas été dissipées. On n’en parle même pas. Les autorités officielles qui se sont accaparées, ou du moins tentent de le faire, la commémoration de l’anniversaire du printemps berbère ne font même pas allusion au printemps noir.

Le Mouvement des Archs ou ce qu’il en reste n’en revient presque pas, excepté  quelques initiatives personnelles d’anciens délégués de ce mouvement à l’instar de Mustapha Mazouzi qui a le mérite de faire ce qu’il peut. Guermah Massinissa n’a pas été assassiné pour rien. C’est pourquoi, un jour ou l’autre, il faudra qu’il soit réhabilité. Lui et tous les autres martyrs du printemps noir de Kabylie.

Tarik Haddouche