Qui succédera à Abdelaziz Bouteflika ?

1
Bouteflika
Bouteflika

ALGERIE (TAMURT) – Maintenant que la présidence à vie de Abdelaziz Bouteflika est une certitude, la question lancinante de sa succession se pose sérieusement. Surtout que l’Etat de santé du candidat-président n’a pas cessé de se détériorer ces dernières années. En plus de son âge : 82 ans !

A l’aune de la prochaine élection présidentielle du 18 avril 2018, il y a une certitude et un doute. La certitude, c’est que Abdelaziz Bouteflika remportera la victoire quoi qu’il en soit. Quant au doute, il se rapporte à l’identité de son successeur. La victoire de Bouteflika est assurée pour une multitude de raisons et on assistera, sans aucun doute, à la réédition des scénarios des élections présidentielles de 2009 et 2014. Quand on voit la mobilisation de toutes les organisations dites de masse aux côtés de ce candidat invisible et inaudible on ne peut que conclure que les jeux sont désormais fait. Abdelmalek Sellal, directeur de campagne de Bouteflika a déjà été « chaleureusement et longuement » applaudi lors du meeting à la coupole animé par Moad Bouchareb (secrétaire général par intérim du FLN) mais aussi par les membres des directions de l’Union générale des Travailleurs algériens, l’Union générale des femmes algériennes et l’Union générale des paysans algériens sans compter une infinité de partis politiques microscopiques dont les responsables ont l’opportunisme à fleur de peau et dans le sang.

Il est clair que toute l’administration, dans les quarante-huit wilayas, se mobilisera aussi en faveur de Bouteflika. L’absence de concurrent populaire, connu et crédible, fait que l’élection du 18 avril sera systématiquement boudée par les millions d’électeurs honnêtes et sincères. Ce qui arrangera encore davantage les affaires du candidat du clan présidentiel dont la réélection passera comme une lettre à la poste. La grande inconnue demeure la question de la succession. La prochaine Constitution algérienne va prévoir le poste de vice-président qui prendra les rênes du pays, une fois le président décédé, jusqu’à la fin du mandat de ce dernier.

Si les décideurs de l’ombre du clan présidentiel ont été incapables de dénicher un candidat apte physiquement pour l’imposer le 18 avril prochain, comment parviendrait-il à un consensus concernant le poste de vice président et futur président d’office ? La question se pose sérieusement et inquiète. A moins que la présidence à vie soit un désir ardent de Bouteflika. Et que son remplaçant a été choisie déjà. Bouteflika, malgré son état de santé, pourrait bien avoir l’obsession de rester président jusqu’à son décès. Le contraire aurait d’ailleurs étonné.

Tarik Haddouche