Rabah Aïssat a été tué par la mafia du foncier pas par les terroristes !

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Mettre sur le dos des terroristes les crimes politiques en Algérie est une recette qui a toujours porté ses fruits pour le régime algérien et la mafia qui le compose. Le 12 octobre 2006, au soir, le président de l’APW de Tizi-Ouzou, élu du FFS, a été tué, dans un café à Ain Zaouia, par un individu armé. Il était attablé et discutait avec ses amis de sa région lorsque le tueur a surgi de nulle part pour l’achever avec trois balles d’un pistolet automatique.

La presse algérienne a collé, comme d’habitude, ce crime aux groupes islamiques armés. Alors qu’aucune enquête n’a jamais prouvé cette accusation. A ce jour, personne ne sait exactement qui est derrière ce crime politique. Même le parti du FFS n’a jamais réclamé la vérité sur cet assassinat, pourtant Rabah Aïssat a consacré toute sa vie pour ce parti. Des élus de ce parti ont confié à leur entourage que le véritable commanditaire de ce crime n’est autre que la mafia du foncier de la nouvelle ville de Tizi-Ouzou. Ce que tout le monde pense d’ailleurs.

« Une chose est certaine, Rabah Aïssat n’a pas été tué par des terroristes, sinon pourquoi aucun des P/APW des 48 wilaya de l’Algérie n’a jamais été inquiété. Je ne suis pas du FFS, mais j’ai fréquenté ce monsieur en tant que journaliste. On a dîné un soir ensemble dans un restaurant à côté de la Tour de Tizi-Ouzou. Il m’a confié que la mafia du sable et celle de foncier sont à ses trousses et font tout pour le faire signer des documents sur des parcelles de terrains et l’autorisation de l’exploitation des sablières. Il ne ma pas donné des détails, mais il a avoué qu’il subissait des pressions terribles de la part des nababs de la ville de Tizi-Ouzou, dont des ténors du FLN-RND et les éléments du DRS », nous confie un journaliste de Tizi-Ouzou. Ces pressions sont confirmées par certains militants et élus du FFS. On se demande alors pourquoi la justice ne s’est jamais penchée sur ce dossier ? Dix ans après son assassinat, la vérité sur ce crime demeure toujours loin.

Lounès B