Rachid Bouksim du festival du film amazigh marocain : – « Le mouvement kabyle m’inspire à chaque instant »

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Militant infatigable de la cause amazighe et ami du mouvement kabyle, Rachid Bouksim, commissaire du Festival international Issni N’ourgh du film amazigh d’Agadir au Maroc revient dans cet entretien sur les conditions dans lesquelles s’est déroulée la dernière édition du festival. Cette activité dédiée au cinéma amazighe a été privée, par les autorités marocaines par un financement attendu pour sa tenue.

Vous avez organisé le Festival international du film amazigh, et ce malgré le maigre financement dont vous avez bénéficié, quelles sont les circonstances dans lesquelles se sont déroulées les activités ?

Rachid Bouksim : Je ne vous cache pas que les éditions antérieures se sont déroulées dans des circonstances, je ne dirais pas que c’était copieux, mais dans les règles de l’art, juste pour résumer les conditions favorables où immergeait le Festival Issni N’Ourgh International du Film Amazighe – FINIFA -. La 7ème édition était pour le staff Issnioui un évènement accablant voire persécuteur, vu la rancune manifestée par nos instances sensées veiller sur la chose culturelle au Maroc.

Pourtant, la direction du festival a étalé un programme fertile et audacieux au profit du public Gadiri et pour le large public qui assiste de plus en plus au FINIFA. Un symposium a été organisé sous le thème : cinéma, politique et littérature auquel, ont participé divers intervenants représentant l’intelligentsia moderne œuvrant dans la seigneurie de la pensée, la critique et l’art, en provenance de Catalonie, d’Algérie, des îles canaries, de France, de Suisse et du Maroc. Aussi, des ateliers thématiques ont été programmés coiffant plusieurs sensibilités artistiques, à savoir la langue et la critique cinématographiques, les techniques de graphisme, le scénario et la co-production. Les festivaliers ont tous contribué – par-dessus le marché – à l’élaboration de la charte nationale d’Agadir pour le film Amazigh qui reste le chef d’œuvre de la 7ème édition du FINIFA.

Pourquoi votre festival n’a pas bénéficié des sommes exigées pour son organisation ?

Nous sommes victimes de la vision jacobine qui règne dans les rouages de nos institutions, surtout celles de tutelle. Le ministère de la communication et le CCM ainsi que la commission chargée de subventionner les festivals sont en deçà de la constitution récemment révisée et qui est en faveur de l’amazighité du pays ; surtout les prescriptions de l’article 5 de ladite constitution. La commission a décidé donc de nous allouer une somme de 50.000.00 DH qu’on considère comme une subvention indigne, alors que la même commission a subventionné deux autres festivals basés à Agadir avec des sommes beaucoup plus importantes. Et selon des propos émanant des responsables de cette commission, notre festival est loin d’être un festival en bon et due forme, mais notre question est toujours vive, quels sont les critères de la commission chargée de subventionner les festivals sur lesquels elle se base pour subventionner les festivals ?

Y’a-t-il une volonté d’étouffer cette voie ?

Écoutez, le recours à la justice reste toutefois, la meilleure voie pour éradiquer ce fléau engendré par les instances de tutelle. D’ailleurs, la 7ème édition du FINIFA cette année a constitué une protestation contre l’attitude du ministère et du CCM et de leur commission.

Vous ne pensez pas que le Festival est un carrefour de rencontre des Amazighs, et c’est pour cela que les autorités marocaines tentent de le saborder ?

Il est difficile de diaboliser les autorités marocaines, en faite pas toute l’autorité, c’est comme si vous considérez que les incidents qui surgissent de temps en temps des provinces ou des wilayas, ici et là, et qui sont généralement mal vu du point de vue des droits humains, portent atteinte à l’amazighité. Disons plutôt, qu’il s’agit de mentalités archaïques qui gèrent les dossiers stratégiques du pays tel le dossier amazigh, qui consiste un champ primordial, et comme disait Habib ELMALIKI – l’ex ministre de l’éducation marocaine – « dans l’amazigh, on n’a pas droit à l’échec ».

Quels sont vos liens avec le Festival du film amazigh algérien, tout en sachant que le festival algérien est géré par le pouvoir d’Alger ?

Nos relations avec les organisations algériennes remontent à des décennies, et je serai franc avec vous, beaucoup de choses ont été faite par les proches des résistants au changement pour entraver ces relations mutuelles entre nous, mais notre conscience était plus forte que les agendas de ces mouchards. On persiste toujours, et on continue à nouer d’autres relations, surtout avec les festivals œuvrant dans le domaine du cinéma, et comme vous venez de le citer, avec le festival du film amazighe «FCNAFA».

Concernant, la gestion dudit festival, je ne me permet pas de me mêler à la cuisine interne de nos confrères organisateurs. Mon souci, reste pour toujours, la promotion du cinéma amazighe et à travers le cinéma, c’est toute une identité qui y persiste.

Avez-vous des projets pour le cinéma amazigh ?

Ma préoccupation majeure pour l’heure, est bien entendu la continuité du FINIFA et la préparation de la 8ème édition pour l’année prochaine. Le fonds d’aide Issni N’Ourgh pour le film amazigh, qui a financé deux films lors de sa première édition, va continuer ses recherches et ses exploits en vue d’alimenter d’autres projets cinématographiques marocains. N’oublions surtout pas le projet de la charte national pour le film amazigh qui comporte énormément de sous projets, à savoir des créations de beaucoup d’instances régionales susceptible de donner élan au cinéma amazigh.

La Kabylie, un des pionniers du combat amazigh revendique son autodétermination, que vous inspire cette revendication ?

D’abord, je dois signaler que l’écart qui sépare le mouvement amazigh au Maroc de celui d’Algérie dépasse les 50 ans, ce qui rend presque impossible d’approcher l’expérience marocaine en se référant à l’expérience algérienne. Mais, le mouvement en Kabylie reste pour moi un répertoire incontournable qui m’inspire chaque instant.

Interview réalisée par Amnay Aït Ifilkou

3 COMMENTAIRES

  1. Faire revivre l’Amazighité à travers les festivals , les conférences ,les colloques, les rencontres bilatérales est une très bonne idée .car sa fait revivre la langue
    Beaucoup de tribu en Algérie et au Maroc pensent qu’ils sont arabe alors qu ils sont tous simplement amesighe je pense à la région de BECHAR en Algérie et la CHAOUIA au Maroc ils parlent l’arabe melangé a des mots en amazighe
    Aujourd’hui seules l Algérie et le Maroc ou les langues Amazighes reste vivantes alors qu ils ont disparues en Tunisie, en Egypte, se raréfier en mali, Niger ,libye etc
    L’expérience marocaine est intéressante car il une grande majorité de berbère je pense aussi que leur roi est d origine berbère TAFILALTE. C’est pour ca qu il a plus compréhension vis-à-vis avis du mouvement amzigh ;
    Mon souhaite c’est de voir une langue presque unique entre les tribue amezigh du magrehb

    Ait ALI kamel
    Tizi Rached

  2. Ca fait plaisir de lire des freres du Maroc et savourer leur maturite’ en ce sujet, qu’helas la majorite’ des Algeriens prennent pour du folklore. Nous sommes beaucoup plus nombreux et mieux dispose’s a mieux et plus produire, et pourtant il me semble qu’ils sont mieux dans leur peau envers la question identitaire que les Algeriens –

    Heureusement, en effet qu’il y a la Kabylie et specialement le MAK et le GPK, qui ont enfin, sns rien sinon la tenacite’ de leur croyance et volonte’, donnent une nouvelle dimension et perspective, qu’il faut a tout prix que nous portons vers l’accomplissement definitif.

    Je dirais la meme chose des freres Lybiens. Je me rappelerai toujours la remarque de Dania Benaissa au reporteur de BerberTv, lors d’une interview avec Idir – qu’elle a appris Tamazight et s’est source’e, en-ligne. Elle a appris Tifinagh et s’est mise a ecrire ce qu’elle a appris oralement de son pere, sans complexes ou attente qu’on lui explique quoi que ce soit, quand a l’importnace d’etre elle-meme – alors qu’elle n’etait qu’adolescente et sous la menace mortelle du tyrant gadafi.

    Quand a son pere, sans equivoque, se battre pour son identite’ n’etait une equation complexe ou une philosophie magique – elle aligne ses bras et dit tout simplement « tagrawla, boom boom ! » – Se battre veut dire se battre ! En famille, il quitte la Lybie, traverse le desert pour se rendre en Tunisie et enttendre de Tamazight Kabyle chante’ et etale’ avec elegance.

    J’ai vecu une experience personnelle aux USA, avec un Egyptien, qui etait stupefait d’avoir discute’ avec un Kabyle, une heure durant sans le savoir. Il demanda a ses enfants et sa femme de me toucher, comme si je n’etait de chair humaine, un reve. Il insista que jaille dinner chez eux et d’emmener avec moi de la chanson – Je n’ai jamais revu mes CD ni de Idir, ni de Lounes Matoub. Ca les a presque fait pleurer de savoir qu’un Kabyle portait dans son coeur et memoire la Siwa et un interet a son histoire. A l’Ouest, c.a.d. Algerie et Maroc, {vous etes l’empreinte les heritiers de Heros de notre histoire ancienne.} – Le mari et la femme avaient les machoires basses – Ils ne croiaient pas ce qu’ils enttendaient.

    Non, il ne s’agit pas d’un Universitaire ou intellectuel d’auncune sorte, mais juste un gerant d’un cafe. Bref, la culture est notre meilleure arme de defense et moyen de locomotion vers le future. En fait, des autres groupes Amazigh que je rencontre, je qualifie notre revolution, contrairement a ce qui se fait ailleurs recemment de {« La Revolution de la Poesie »} – Nos generaux sont des Poetes !

  3. -Le MAK rejete catégoriquement le pouvoir de bouteflika sur la kabylie.
    -Le MAK voit l´invasion de la kabylie par les troupes du regime comme une occupation.
    -Le MAK rejete la minise du regime sur l´ecole et l´administration en kabylie.
    -Le MAK rejete la politique economique du regime qui apauvrisse toute les couches de la société.
    -Le MAK dénonce le prosélytisme religieux paratiqué par les services de boutflika en kabylie.

    5 points essentielle, une fois acquis, le pays kabyle est libre de s´orienter vers son choix d´avenir qu´ils jugent utile.

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