Rachid Oulebsir présente le conte kabyle au centre culturel d’Aokas

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Le conte dans l’imaginaire kabyle a été le thème développé au centre culturel d’Aokas devant un parterre de jeunes avides de connaissances, par Rachid Oulebsir, romancier, qui a plusieurs essais à son actif.
Ces trois concepts ont été expliqués par l’orateur qui dira que le conte est l’un des supports de la littérature orale kabyle laquelle est souvent interpellée du moment que le kabyle ne possède plus aucune référence en la matière du fait qu’on a tout le temps attribué les monuments historiques et autres sites à d’autres civilisations comme ce fut le cas, par exemple, des ruines romaines qui ont été construites par les kabyles du temps des romains.

Etant depuis longtemps dominés et colonisés, les kabyles ont intériorisé une littérature orale non écrite et la chanson a été le support qui a le plus contribué à sa sauvegarde. L’orateur poursuivra en disant que si la chanson fait partie du domaine public, ce n’est pas le cas du conte qui est intime et qui est narré autour d’une atmosphère familiale. D’ailleurs les psychanalystes le considèrent comme une préparation par la famille au passage, sans peine, de l’enfance vers l’âge adulte. C’est, en un mot, le miroir de notre intérieur qui permet le passage de l’immaturité enfantine à la maturité adulte. Même dans le milieu social, le conte joue un rôle de modérateur vers une régénération du groupe social. Il s’étalera aussi sur la cosmogonie kabyle où comment les kabyles avaient compris la création du monde avant l’avènement du monothéisme.

Sur le plan ethnographique, le conférencier dira que les kabyles se basent souvent sur le calendrier agraire dont la survivance a servi jusqu’au jour d’aujourd’hui. Le week-end d’avant, ce fut Kamel Bouamara, professeur en Tamazight à l’université de Bougie, qui avait animé une conférence au niveau du même centre pour présenter son dictionnaire monolingue Kabylo-Kabyle, ISSIN, premier du genre qu’il a réalisé avec ses propres moyens. D’ailleurs ce dernier avait déclaré à l’assistance qu’il avait projeté de définir moins d’un millier de mots et qu’à l’achèvement de son œuvre, il s’est retrouvé avec plus de 3 000 mots, pour dire la richesse de la langue kabyle.

L’association culturelle Rahmani Slimane d’Aokas, du nom de la sommité culturelle berbère de la région, a pu redonner, avec la seule volonté de ses membres et aucune subvention étatique, une couleur au centre culturel de la localité en organisant plusieurs festivités notamment un cycle de conférences entamé depuis deux ans et demi et qui a vu une vingtaine de personnalités kabyles les animer.

Amaynut