RaconteArts – Un lieu ouvert où l’art peut enfin s’exprimer

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Dans un pays où l’institution prédomine, où l’officiel prend des allures rituelles et où l’art et la culture se retrouvent bridés, entenaillés et rabaissés jusqu’à voir leurs notions remplacées par la simple idée de folklore, une étincelle a jaillit et donna vie à une flamme d’espoir. Se tenant loin du cadre institutionnel et sans grande prétention, RaconteArts vient apporter un souffle nouveau sur la Kabylie. Ambitieux, ce festival offre un lieu ouvert où s’exprime librement la création artistique et où la culture se transmet par un concept convivial de partage et d’échange.

Chaque année depuis son lancement en 2004, ces RaconteArtistes – comme ils aiment se dénommer – viennent briser la monotonie de la vie d’un village ou d’une région de montagne. En plus de l’ouverture sur l’universel qu’ils prêchent, ils apportent fougue et dynamisme aux citoyens de toute la région, comblant le vide culturel et artistique par un éventail aussi large que contrasté d’activités.

Le choix de l’indépendance peut sembler peser de par ses inconvénients, mais là parait une grande partie du sens du festival. De par sa liberté, RaconteArts repousse les limites du réalisable et déplace les bornes mises en place par l’institution. Allant même jusqu’à se qualifier d’anticonformistes, les RaconteArtistes prônent fièrement leurs valeurs et leur philosophie.

Apportant de nouvelles idées, une nouvelle vision sur l’art, ils encouragent la création et l’innovation. Optant pour une philosophie propre à eux, ces RaconteArtistes sourdent et s’extirpent du lot commun par des méthodes inédites et simples, se fondant au sein de la population qui les accueille, adoptant son mode de vie et s’adaptant à la nature parfois rude de sa région. Plus besoin de moyens d’accueil et de commodité, les festivaliers s’organisent et la population va jusqu’à les loger dans ses propres demeures. Plus aucune barrière ne subsiste alors entre simple citoyen et artiste et ceux-ci se côtoient et apprennent à se connaître et à cohabiter.

Après At Yanni, Iouadhien, Ighil n wammas, Bouzegène et At Smail, c’est sur l’un des deux plus grands villages de Kabylie – Taourirt-Mokrane – que nos RaconteArtistes jettent cette année leur dévolu, réservant une ribambelle de surprises à ses habitants à la vie bien tranquille. À village immense, programmation titanesque ; de l’art à tous les coins de rue : ateliers diverses et variés, du cinéma, du théâtre, du chant, de l’humour, de la poésie, etcétéra et tout cela, bercé par les courants les plus anciens et emporté par la ferveur et l’enthousiasme de la jeunesse. C’est entre vieux, nouveau et innovation que se place cette édition-ci, adoptant un slogan étrangement évocateur et significatif : « écoute la voix des ancêtres éclairer la voie de l’avenir ».

RaconteArts donne sa chance à tout-un-chacun et accueille à bras ouverts toute idée constructive. L’esprit s’y sent enfin débridé et libre de créer, d’innover et au-dessus de tout, libre de s’ouvrir.

RaconteArts est un lieu ouvert où l’art peut enfin s’exprimer.

Tout cela est repris et nous est expliqué par Hacène Metref, un des instigateurs du projet lors d’un entretien exclusif réalisé dans ses quartiers à Taourirt-Mokrane ; quartiers – précisons-le – mis à sa disposition, comme tant d’autres aux festivaliers, par la population locale. Il nous y accueillit chaleureusement alors qu’il y travaillait à peaufiner l’organisation de l’événement, réglant et vérifiant quelques derniers détails…

[Lire : entretien exclusif avec Hacène Metref sur RaconteArts [PDF]->https://skydrive.live.com/?cid=8b024bb372dd55f0&sc=documents&uc=1&id=8B024BB372DD55F0%212532#]