Raids de l’armée algérienne en Kabylie

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armee-algerienne

ALGERIE (Tamurt) – L’Armée algérienne, Armée Nationale Populaire (ANP) comme elle se plait à s’appeler est selon le classement 2016 de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, de par son budget militaire, la 17e puissance militaire mondiale et la première d’Afrique. Que fait-elle de cette puissance ?

Elle cerne la Kabylie de toutes parts. Et avec la Gendarmerie, le corps qu’elle prétend présenter comme un service de sécurité, elle s’insinue dans les villages et les hameaux pour mener de véritables opérations d’encerclement, d’intimidation et de terreur à l’intérieur des villages.

C’est ainsi que suite à une anodine distribution de trousseaux scolaires de la part de Mass Amrioui Ahmed, fondateur de la première école kabyle dite « Axxam n tmussni », une invasion de gendarmes à bord de 4 véhicules remplis de troupes armées a fait irruption dans le petit village Ilewnisen. De mémoire locale, jamais depuis 30 ans, même au plus fort de l’activité terroriste, un tel déploiement n’a été observé.

D asirekli ! d asirekli ! (c’est un encerclement) s’écriaient les femmes affolées qui ont souvenance des coups de main opérés dans cette même région de Krim Belkacem par l’armée française. Voilà ce à quoi le ministre algérien de la Défense et le chef d’état major de l’ANP destinent la « première puissance militaire d’Afrique ».

Ces raids contre les civils font apparemment partie d’une politique délibérée d’intimidation et de terreur puisque le 27 octobre passé, au village At Σervi à At Yeţţura, des militaires ont violemment appréhendé un chasseur sur ses propres terres, saccagé le verger d’un maraîcher et pourfendu en deux points sa réserve d’eau d’arrosage avec des baïonnettes.

La hiérarchie militaire soutiendra, comme d’habitude, que de tels faits sont des bavures qui incombent à des éléments du rang et n’engagent aucunement le commandement. Sauf que, depuis le temps, ces « bavures » sont devenues la norme dans les barrages fixes ou lors de coups de main et aucun général ne fera croire le contraire au peuple kabyle.

De leur côté, les services de police ont convoqué et pressurisé des citoyens du village pour les contraindre à se départir totalement de la famille Amrioui. Certains ont obtempéré sous la pression au point de rompre tout lien public avec cette famille tandis que d’autres, plus nombreux ont pris une telle proposition pour ce qu’elle est, c’est-à-dire une insulte et choisi l’honneur et la solidarité envers Ahmed Amrioui le digne et généreux fils de leur village.

Résultat des courses :
– le wali de Tizi-Ouzou dont la feuille de route assumée était de casser du Kabyle a quitté la région en se couvrant d’opprobre avec un bilan piteux.
– le commissaire de police de Dra Lmizan, ses sbires et le colonel de l’armée qui commande la région de Tizi-Ouzou sont tous rougissants de honte.
– la famille Amrioui et ses soutiens du village et de toute la Kabylie restent sereins, fiers et plus déterminés que jamais à sauvegarder leur patrie dans ses valeurs séculières fondatrices.

Ces exactions récurrentes font monter de plus en plus la rancœur au sein de la population y compris parmi ceux dont la proximité avec le pouvoir algérien est avérée depuis longtemps. La vigilance et la mobilisation sont de mise et toute la Kabylie est dans un état de veille permanent.

AKLI WARDIN, TAMURT