Rassemblement devant l’ambassade de l’Algérie à Paris : Le MAK-France condamne le Black-out médiatique français des imposantes marches de ce 20 Avril

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DIASPORA (Tamurt) – La fédération du MAK-France, organisatrice du rassemblement, a déployé banderoles et drapeaux aux couleurs de la Kabylie, à quelques mètres de l’ambassade. La musique d’Oulahlou, où encore de Lounes Matoub, n’a pas cessé de résonner pendant les deux heures qu’a duré le rassemblement. Les pancartes, portant l’identité de martyrs du printemps noir, ont été distribuées aux présents, qui les ont hissé.

Ce rassemblement, qui, une fois de plus, a mis à nu la politique du pouvoir algérien soucieux de son image à l’égard des chancelleries occidentales, a déplu aux « agents de l’ambassade », qui, contrairement à leur habitude, ont décidé de sortir de leur silence. En effet, une dame, sortant de l’ambassade algérienne, s’est rapprochée du vice président du MAK France, Madani Bourai, et lui a sorti, en langue arabe, les mêmes inepties développées par le pouvoir algérien vis à vis des militants de la cause kabyle, à savoir qu’ils ne sont que des «séparatistes qui salissent l’image de l’Algérie et qui travaillent pour les intérêts de l’occident».
Madani Bourai a essayé de lui expliquer que depuis l’indépendance de l’Algérie, et même avant, « toute initiative émanant de la Kabylie était taxée de séparatiste », mais la dame ne l’a pas laissé parler et a enchainé qu’elle n’arrive pas à imaginer « qu’arrivera un jour où pour faire un papier dans une administration en Kabylie, je vais devoir parler en kabyle ». Madani Bourai lui a signifié que « aujourd’hui, nos mères, qui, pour la plupart, ne parlent pas arabe doivent obligatoirement parler en arabe devant la justice algérienne ». La dame a répliqué que « c’est normal, l’arabe est la langue commune à tous les algériens ». Constant que la dame n’était pas venue pour discuter mais pour provoquer, les militants du MAK l’ont laissé finir ses propos avant qu’elle décide de s’en aller.

Vers 18h30, des cadres du MAK France ont pris la parole pour remercier les présents d’avoir répondu à leur appel. Ahviv Mekdam, le secrétaire général du MAK-France, n’a pas caché sa colère devant le soutien des occidentaux aux dictatures qui rongent le continent africain et a dénoncé l’abandon et le mépris dont est victime ce dernier. Sur le même ton, le responsable de la communication au sein de la fédération du MAK France, Gaya Izennakhen, a jugé scandaleux le fait que, malgré le fait que plus de 70 000 personnes ont marché en Kabylie, la presse française n’a pas dit un mot sur ce grand évènement, avant de poser la question suivante: « Est ce que la presse européenne préfère voir des bombes qui explosent et des enfants qui se font tuer ou encourager des peuples qui luttent pacifiquement comme le notre? », avant d’ajouter que « nous refusons de tuer des enfants pour que la presse parle de nous et nous allons arracher pacifiquement notre droit à nous autogouverner ». Madani Bourai a, quant à lui, conseillé au pouvoir algérien de cesser de faire la sourde oreille quand à l’autonomie de la Kabylie et d’arrêter de faire dans le sabotage et l’intimidation de ses défenseurs. Il a rappelé que ce genre de manœuvres ne feront que radicaliser le mouvement autonomiste, qui est selon lui « la voie de la raison et de la paix et non celle de l’agitation et de la violence ».

Le président du MAK France, Abdennour Aouchiche, a, quant à lui, jugé que cette question de l’autonomie doit être désormais l’affaire de chaque Kabyle, où qu’il soit dans le monde. Il a ajouté qu’on « peut tous apporter notre pierre à l’édification de l’État kabyle et on doit tous œuvrer pour une Kabylie autonome, chacun dans son domaine, chacun avec ses moyens ». Il a rappelé que « la fédération du MAK France sera là pour appuyer et soutenir toute bonne volonté ». Le rassemblement pris fin vers 19h.