Le RCD dénonce la fraude mais ne démissionne pas de l’APN

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Mohcine Belabbas, président du RCD

ALGERIE (Tamurt) – S’il y a bien un parti politique en Algérie dont les déclarations et les positions sont truffées de contradictions, c’est bel et bien le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). C’est à croire que ce parti prendrait les citoyens pour des dupes. Mais c’est loin d’être le cas puisqu’avec seulement neuf sièges à l’APN, on comprend vite que le RCD ne trompe plus personne en 2017.

La toute dernière contradiction du parti de Mohcene Bellabas, dirigé avec une télécommande à distance par Said Sadi, c’est la déclaration du parti au lendemain de la proclamation des résultats des législatives par le Ministre de l’Intérieur où le RCD a essuyé une véritable raclée avec seulement neuf sièges (dont six en Kabylie). Le RCD n’a pas tardé à crier à la fraude et à faire mine de dénoncer un pouvoir dont il est un pion permanent. Que le RCD dise qu’il y a eu fraude lors des élections législatives du 4 mai dernier, il ne s’agit nullement d’un  scoop et ce parti ne nous apprend rien puisque cette vérité est connue de tous. La contradiction réside dans le fait qu’en dénonçant cette fraude avérée, le RCD ne prend aucune décision pour s’en laver les mains.

Bien au contraire, il continue à cautionner ce même pouvoir et après avoir pris part à ces élections, il compte bel et bien siéger à l’APN avec le nombre honteux de neuf députés pour faire de la figuration. Mais aussi et surtout, afin de jouer le rôle d’opposant pour conférer au système qui dirige le pays une vitrine de pays démocratique. « La preuve, nous avons des députés démocrates qui nous critiquent et insultent à longueur de journée », s’enorgueillira Ouyahia et consorts quand des journalistes étrangers et des hommes politiques étrangers tenteront ou oseront reprocher au pouvoir algérien un manque de démocratie ou de liberté d’expression.

Tahar Khellaf