Rejet des prénoms typiquement kabyles et amazighs : Le président de l’APW de Tizi-Ouzou saisit le ministre de l’intérieur algérien

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Cet entêtement du régime algérien à vivre sous une identité autre que la sienne n’est pas sans retombées fort néfastes sur le peuple kabyle, notamment au niveau du département de Tizi-Ouzou. En effet, beaucoup d’enfants ne sont pas prénommés officiellement puisque les services de l’état-civil se référent toujours au lexique national des prénoms établi conformément au décret n° 81 – 26 du 7 mars 1981.

Le mal est si insupportable que le Président de l’Assemblée Populaire de Wilaya (APW) de Tizi-Ouzou, M Mahfoud Belabbès, a décidé de saisir le ministre de l’intérieur et des collectivité locale, Daho Ould Kablia, par le biais d’une missive afin d’apporter des correctifs nécessaires à cette situation qui ne peut plus durer. Dans cette correspondance officielle datée du 13 mars 2011 et portant n° 285/APW/CAB/2011, le Président de la première institution élue du département de Tizi-Ouzou informe son destinataire qu’il est régulièrement interpellé par des pères de familles et le mouvement associatif au sujet de la liste nationale des prénoms. En effet, peut-on lire dans la missive dont nous détenons une copie, « beaucoup d’enfants qui naissent dans notre wilaya ne sont pas prénommés parce que les parents ont choisi des prénoms qui ne figurent pas dans cette liste. Des prénoms pourtant authentiquement algériens puisqu’ils font partie de l’histoire millénaire de notre pays ». « Je fais notamment allusion aux prénoms amazighs », précise Mahfoud Belabbès.

Le signataire de la missive rappelle également au Ministre concerné que l’article 05 du décret ci-dessus prévoit la possibilité d’actualiser tous les trois ans cette liste nationale des prénoms. Pour autant, note l’écrit du président d’APW de Tizi-Ouzou, « cela n’a pas été le cas depuis sa promulgation et j’en veux pour preuve les listes actuellement disponibles au niveau des APC qui datent toutes de l’année 1981 ». M Daho Ould Kablia est informé par cette missive que cette situation « cause, sans aucun doute, des désagréments insoutenables aux familles dont certaines refusent obstinément de prénommer leurs enfants que par le prénom mûri, durant toute la période de grossesse, et qui a été en définitive choisi ». Le signataire de la missive ne cache pas à son interlocuteur qu’il comprend aisément ce comportement parental.

Enfin, le Président de la première institution élue du département de Tizi-Ouzou laisse entendre au Ministre que « cette situation d’injustice porte atteinte à un droit élémentaire ; celui du libre choix du prénom à donner à son enfant. Une situation problématique qui peut être solutionnée sans grande difficulté pour peu que les pouvoirs publics y mettent de la volonté ». le signataire de la correspondance laisse entendre à son interlocuteur l’application de l’article 5 du décret en question. « C’est pourquoi, insiste Mahfoud Belabbès, je vous demande d’user de vos prérogatives pour faire appliquer les dispositions du décret en question ».