Relaxe pour les 9 non jeûneurs D’Akbou : Eclatante victoire de la Kabylie

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BOUGIE (Tamurt) – En effet, les militants et sympathisants du mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, qui ne reconnaissent que l’autorité du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK), ont tenu aujourd’hui un sit-in imposant devant le tribunal d’Akbou pour soutenir les neuf jeunes hommes convoqués par la justice pour répondre des griefs retenus contre eux en date du 22 août dernier, durant le mois de Ramadhan.

En effet, les neuf mis en cause dont Monsieur Arab Chikhaoui est le principal prévenu, tous originaires d’Ighzer Amokrane, sont poursuivis pour offense à l’islam, et ce, conformément à l’article I44 bis 22 du code de procédure pénale. Ce jour-là, des policiers, probablement sur dénonciation anonyme, ont surpris dans son local commercial Monsieur Chikhaoui et ses co-prévenus en train de déjeuner. Dès que les policiers ont constaté de visu les faits, ils ont aussitôt emmené au commissariat les non-jeûneurs pour les présenter ensuite devant le parquet, lequel a décidé la mise en détention préventive du principal prévenu. Il a été relâché que le 6 septembre dernier après avoir purgé une détention de 8 jours.

A l’issue du procès qui a duré plus de deux heures, le collectif d’avocats des mis en cause a mené une plaidoirie des plus magistrales. L’un après l’autre, les avocats de Monsieur Chikhaoui et ses co-prévenus ont mis en avant la logique de la liberté de culte et de conscience, clairement stipulée par la constitution algérienne. Cependant, notre attention a été attirée par la gigantesque et mémorable manifestation organisée par le MAK devant l’enceinte même du tribunal.

Sur les murs et le portail principal de l’immeuble abritant l’institution judiciaire, des drapeaux et des banderoles aux slogans du MAK ont été accrochés. Les milliers de voix chantaient en chœur les chants patriotiques de la Kabylie. Au moment où les oreilles commencent à être bercées par les tendres chants, les voix entament subitement : « Assa Azzeka, le GPK Yella Yella », Nevgha Ferhat I tmurt negh (Nous voulons Ferhat dans notre pays !) », « pouvoir assassin, pouvoir assassin !» Attirés par la marée humaine se réclamant à vive voix du MAK, les automobilistes ont tenu à passer aux abords du tribunal pour s’enquérir de la situation et, surtout, avoir le bulletin du MAK que les militants distribuaient au bord de la chaussée.

Au moment où la nouvelle de la relaxe est annoncée, les centaines de manifestants du MAK, comme un seul homme, ont franchi le portail principal du tribunal pour se joindre aux relaxés accompagnés de leurs avocats, de leurs proches et amis ainsi que d’autres citoyens pour enfin former un groupe compact. Sous les hautes couleurs du MAK, les voix scandent à nouveau en cœur les slogans kabyles. Journalistes et photographes se précipitent qui pour prendre des clichés, qui pour arracher une déclaration. Même les policiers en faction étaient séduits par l’ambiance de la manifestation. A vrai dire, même sous l’effet de la bruine, le climat général a été à la fête. D’aucuns reconnaissent que cette relaxe prononcée contre les accusés est à interpréter comme une éclatante victoire du MAK.

Il est vrai que la mobilisation des Kabyles ce matin à Akbou est à inscrire sur un registre à archiver pour l’ouvrir un jour aux générations futures. Une fois les vêtements trempés et le gosier asséché, les manifestants se sont dispersés dans le calme. Il y a lieu de relever enfin qu’à l’issue du rassemblement, les militants du MAK ont distribué aux passantes et aux passants des milliers d’exemplaires de la déclaration du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK) relative à la tenue de ce procès.

Dans ce document «l’G.P.K. alerte l’opinion internationale sur les dérives du pouvoir algérien qui, d’une part, instrumentalise les tribunaux et, de l’autre, tente par tous les moyens de convertir le peuple kabyle aux thèses de l’intégrisme islamique international». «Le 22 septembre – peut-on lire encore dans ce document – deux Kabyles étaient traduits en justice pour délit de non observance de jeûne du Ramadhan. Hocine Hocini et Salem Fellak ne doivent leur liberté qu’à la formidable mobilisation de la société kabyle à laquelle le Gouvernement Provisoire Kabyle avait appelé en leur faveur. Ce ne fut pas le cas pour un jeune d’Oum El Bouaghi, en dehors de la Kabylie, qui a été condamné à deux ans de prison ferme ». « Après avoir convoqué Tahar Amichi devant la justice de Bougie, le 30/10/2010, pour avoir écrit LIBERTE sur les murs de la ville – poursuit la déclaration du Gouvernement Provisoire Kabyle (GPK) – les tribunaux de l’inquisition jugeront demain en correctionnelle au tribunal de la localité d’AKbou, dix Kabyles sous le fallacieux prétexte de non respect des préceptes de l’islam … Dans ce pays où les terroristes islamistes font officie de police des mœurs au service des seigneurs de guerre installés au plus haut niveau de l’Etat, la chasse à la liberté est ouverte. Nous condamnons la tyrannie, qui s’abat sur le peuple kabyle et nous l’exhortons à faire fi des injonctions qui émanent des hautes sphères du pouvoir algérien ». Le peuple kabyle – affirment les signataires de la déclaration – ne peut renoncer à son souffle de vie. Au contraire, il persiste à inscrire ses démarches dans les valeurs de tolérance, de progrès et de liberté ». « Ce genre de condamnation qui déshonore l’Algérie – soutient encore l’G.P.K. – permet de comprendre la véritable nature du pouvoir algérien et renforce notre détermination à mener la Kabylie vers la liberté réclamée par sa population qui a tellement souffert de la dictature du pouvoir algérien et des terroristes islamistes ». «L’G.P.K. – peut-on lire en dernier – entend bien soustraire les jeunes Kabyles à cette injustice et appelle à l’union de tous les Kabyles pour obliger l’inquisition téléguidée par le pouvoir algérien à reculer».

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