Remise du Prix Mouloud Mammeri : Aucun écrivain n’était présent

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Mouloud Mammeri

TIZI OUZOU (Tamurt) – Drôle d’hommage que celui qu’est en train de rendre le pouvoir algérien à l’un des précurseurs de la recherche dans le domaine de la culture et langue amazighe ! Il est évident que l’objectif recherché par la célébration du centenaire de la naissance de Mouloud Mammeri par le pouvoir et ses relais consiste à récupérer sa mémoire. Mais pousser le bouchon aussi loin, il faut vraiment être dépourvu de moralité intellectuelle pour le faire.

Ainsi, ce samedi 4 mars a eu lieu à la maison de la culture de Tizi-Ouzou la cérémonie de remise de prix aux meilleurs élèves qui auront brillé aux épreuves de dictées en tamazight. Jusque-là rien d’anormal. Mais le hic, c’est quand on sait que cette occasion a été mise à profit pour permettre aux relais du pouvoir de s’afficher aux premiers rangs de la cérémonie à commencer par El Hadi Ould Ali et d’autres larbins du pouvoir algérien entre élus et présidents d’institutions étatiques fantoches et budgétivores à l’instar du Hait commissariat à l’Amazighité. Mais le drame et c’en est un, aucun écrivain ni d’expression kabyle ni française n’était présent dans la salle. Or, cette cérémonie se veut d’abord et avant tout un  hommage à l’écrivain Mouloud Mammeri.

Depuis quand organise-t-on des hommages à des écrivains en l’absence de tout écrivain ? Toujours, dans le même contexte, un spectacle qui devait être animé jeudi au théâtre régional « Kateb Yacine », toujours en hommage, à Mammeri, a été tout simplement annulé parce que tout bonnement la salle était vide. Pas de public. Même pas les opportunistes cette fois-ci… Quant à Mouloud Mammeri, sa place est ailleurs, vraiment ailleurs, loin des walis et des chefs de daïras et surtout loin des kabyles de service.

Tahar Khellaf pour Tamurt