Retour sur une visite sous haute surveillance : Les enfants d’Ath Yenni ont accueilli Sellal avec Matoub

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chorale à Aith Yenni

AITH YENNI (Tamurt) – C’est un véritable défi qu’ont lancé les membres de la chorale de chants de la localité d’Ath Yenni, en Kabylie, lors de la récente visite du premier ministre algérien Abdelmalek Sellal.

En effet, au moment où un groupuscule, d’adultes opportunistes, a mobilisé toutes ses capacités pour plaire au maitre du moment, des enfants, filles et garçons, qui sont l’avenir de la Kabylie, ont osé défier la peur. Alors, que le décor qui sied à ce genre de kermesse de la compromission et de la reddition avait été planté, des enfants ont su apporter leur propre touche d’honneur à l’événement en sortant des sentiers battus.

Si les quelques personnes, triées sur le volet, étaient toutes là pour servir des phrases exprimant la reddition et la soumission à Sellal, ont bien accompli leur sale besogne, il s’en est trouvé des enfants qui ont osé accueillir le même Sellal avec la célèbre chanson engagée de Matoub Lounès,  intitulé : « D idurar i delâamriw » (Les montagnes sont ma vie). Sellal, étant kabyle, a sans doute compris quelques bribes de mots contenus dans la chanson de Matoub, comme les passages où Matoub prédit un destin salutaire pour la Kabylie, d’autant plus que, dans ce poème à l’instar de tant d’autres, Matoub Lounès fait référence au peuple kabyle: « Imi leqbayel duklen, yir laâyub atensefden; ula yghar teghzi bwawal ».

Au moment où le débat bat son plein sur certains chanteurs kabyles qui ont applaudi chaleureusement le même Sellal la veille de cette visite bien programmée, l’authentique Matoub Lounès continue d’inspirer même les enfants qui  n’ont pas raté cette occasion pour remettre à sa place un pouvoir qui a fait beaucoup de mal au peuple kabyle, à sa culture et à sa langue tout en assassinant des centaines de ses enfants. Et comme le chantait le même Matoub dans la même chanson : « Vous entendrez les jeunes enfants/  Chanter la terre de Tamazgha/ L’héritage de Mouloud Mammeri/ Comme la foudre dans le ciel éclate/ En sentez-vous la bruine couler.

Tahar Khellaf