Risques d’affrontement aujourd’hui à Alger

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ALGERIE (TAMURT) – C’est la première fois depuis vendredi 22 février dernier, que les algériens de différentes wilayas sont interdits d’accès à Alger à la veille de la tenue de la marche d’aujourd’hui. Hier, des contrôles stricts avaient été opérés au niveau de tous les points de contrôle et autres barrages des services de sécurité.

Toute personne « soupçonnée » d’être un manifestant potentiel a été tout simplement sommée de rebrousser chemin. D’ailleurs, tout au long de la journée d’hier, des files interminables de voitures étaient formées au niveau de tous les barrages des services de sécurité sur les différentes axes menant vers la capitale. Les véhicules étaient vérifiés soigneusement et longuement par les éléments de la sécurité. Il s’agit, selon plusieurs observateurs et hommes politiques, de mettre un terme à l’élan de mobilisation qui était en cours depuis le 22 février dernier et ayant poussé l’armée algérienne de peser de tout son poids afin de contraindre l’ex-président Abdelaziz Bouteflika à la démission.

Mais, semble-t-il, après cette démission, l’armée algérienne a décidé de se montrer moins engagée dans ce processus politique en se référant entièrement à la Constitution. Après le départ de Boueflika, deux choix se sont imposés à l’armée : soit continuer de mener le bal en ayant recours à la dissolution de l’APN et du sénat, procéder à un changement gouvernemental et superviser une période de transition extrêmement difficile à concrétiser sur le terrain de la réalité.

La deuxième alternative qui s’est présentée à l’armée, et c’est celle qui est en cours de concrétisation, c’est de procéder exactement comme le stipule la constitution. Une mesure qui se résume à la tenue des élections présidentielles dans les délais impartis par la constitution, c’est à dire trois mois. Une telle alternative a permis toutefois aux hommes de l’ancien clan présidentiel (Abdelkader Bensalah, Nourredine Bedoui, Tayab Belaiz, Moad Bouchareb et Ahmed Ouyahia) de rebondir et de mener le bal. Ce qui engendrera inévitablement une reconduction du système de Abdelaziz Bouteflika qui est d’ailleurs en train d’être régénéré en sourdine. Ce sont aux personnalités politiques suscitées, qui avaient constitué l’ossature politique du régime de Bouteflika durant vingt ans, auquel échoit actuellement la mission d’organiser les prochaines élections du 4 juillet 2019.

Il va sans dire donc que le prochain président sortira inéluctablement de la même marmite que celle du clan présidentiel qu’on croyait déchu avec le départ de Abdelaziz Bouteflika. Ce risque, car c’en est un, ne peut être écarté que dans la mesure où la mobilisation se poursuit. On en saura davantage aujourd’hui. La répression ne peut avoir lieu que si les grandes foules des vendredis précédents n’est pas au rendez-vous. Auquel cas, le combat mené par le peuple depuis le 22 février 2019 aura été vain. Comme tous ceux qui l’avaient précédé.

Tarik Haddouche

1 COMMENTAIRE

  1. Dans la configuration actuelle il y a deux filtres , l’un politique et l’autre démographique ou identitaire. Le premier est lié à la loi électorale il est impossible à un simple citoyen de rassembler 60 000 signatures pour se candidater plus encore les migrants sont exclus. Le deuxième est culturel, les arabes ne voteront jamais un Kabyle, meme le FFS – qui est foncièrement arabisé- ne pourra jamais etre le parti d’un président, les arabes savent choisir en fonction des affinité, un kabyle est percu comme autre donc il ne sera jamais voté. Le RCD et le FFS savent cela mais insistent de feindre que le pays serait unit.

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