Le romancier Salim Bachi : « Rachid Boudjedra est instrumentalisé par le pouvoir algérien »

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Rachid Boudjedra
Rachid Boudjedra

CULTURE (Tamurt) – Après plusieurs mois de silence, le talentueux écrivain Salim Bachi réplique à Rachid Boudjedra qui s’en est pris à lui dans son pamphlet « Les contrebandiers de l’Histoire ». Dans ce livre, Rachid Boudjedra se livre à des insultes et à des attaques contre plusieurs écrivains à succès dont Boualem Sansal (qui ne lui a jamais répondu), Yasmina Khadra, Kamel Daoud et Salim Bachi, le plus jeune d’entre eux. Après Yasmina Khadra et Kamel Daoud, qui ont répondu juste après la parution du livre de Rachid Boudjedra aux éditions Frantz Fanon, Salim Bachi a pris la décision de réagir, pour sa part, aux invectives de l’auteur de « la Répudiation », l’ayant qualifié d’écrivain à la solde de la France.

Dans sa riposte, Salim Bachi s’interroge : « Qu’est-ce qu’a fait Rachid Boudjedra pour les écrivains algériens ? Rachid Boudjedra a passé son temps à casser les écrivains algériens. Il a cassé Kateb Yacine, en disant qu’il était impuissant et qu’il n’arrivait plus à écrire. Il a cassé Mohammed Dib en disant que ce dernier vivait en France et qu’il n’arrivait plus à écrire sur l’Algérie ». Salim Bachi, auteur de « Dieu, Allah, moi, et les autres », où il clame son athéisme, ajoute : « Rachid Boudjedra a passé son temps à s’en prendre à tous les autres écrivains par simple jalousie. Ça, c’est Rachid Boudjedra ».

Salim Bachi conseille, en outre, à Rachid Boudjedra « de prendre de la hauteur    car il est quand même un écrivain important pour nous, même pour moi, il a été un écrivain important, je l’ai toujours dit. Il faut qu’il mette des écrivains plus jeunes sous son aile. Sinon, qui va parler de Boudjedra plus tard quand il sera mort ? Qui ? Ses successeurs. S’il insulte tout le monde, personne ne parlera de lui ». Salim Bachi ajoute : « Boudjedra ne supporte pas de voir d’autres écrivains réussir », avant de conclure : « Je pense qu’il y a aussi une arrière pensée politique derrière ce que dit Boudjedra. Il veut couper les écrivains algériens de leur public algérien. Je me demande d’ailleurs s’il n’est pas instrumentalisé par le pouvoir ».

Tahar Khellaf