Pour qui roulait Abdelmadjid Tebboune ?

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Abdelmadjid Teboune

ALGÉRIE (Tamurt) – On ne saura, sans doute, jamais que cache la parenthèse de Abdelmadjid Tebboune à la tête du gouvernement algérien, qui n’a pas excédé les trois mois dans son poste de responsabilité. C’est un fait inédit dans les annales : un Premier ministre qui ne dépasse pas un trimestre à son poste.

Mais il était presque certain que le fait que Tebboune a commencé à s’attaquer frontalement à deux fidèles du clan présidentiel, à savoir Ali Haddad et Abdelmadjid Sidi Saïd, allait finir par se retourner contre lui. Mais au niveau de responsabilité qui était le sien, Tebboune était vraiment loin de savoir le poids de ces deux hommes du régime. Pourtant, il n’a pas hésité à s’en prendre à eux sans aucune retenue. On a même parlé de guerre contre Haddad. Certains médias (notamment El Watan et Liberté) n’ont pas hésité à parler de fin imminente de l’empire Haddad allant même jusqu’à le comparer à un certain Abdelmoumen Khalifa. Il a fallu que Saïd Bouteflika en personne s’affiche longuement aux côtés d’Ali Haddad, lors de l’enterrement de Réda Malek, pour que les détracteurs de l’homme d’affaires kabyle revoient aussitôt leur copie. Ils cessent immédiatement les hostilités. Mais la plus grande énigme est l’audace dont a fait preuve Tebboune en prenant le risque évident de déclarer la guerre à un « chouchou » du régime en la personne d’Ali Haddad. Il est normalement évident que c’est le clan présidentiel qui a nommé Tebboune en tant que Premier ministre. Ce dernier a-t-il joué avec le feu juste après sa nomination en proposant ses services à un clan adverse ?

Il s’agit là d’une hypothèse. Rien de plus.  Il y a une autre possibilité. Afin de respecter la règle des équilibres entre les clans, Tebboune peut bien avoir été proposé par un autre clan en contrepartie d’un soutien à celui qui détient les rênes depuis près de vingt ans. En tout état de cause, l’épisode Tebboune confirme si besoin est que la guerre de succession à Bouteflika sera des plus féroces. Il faut, de ce fait, s’attendre à tout. Même à un cinquième mandat.

 Tahar Khellaf pour Tamurt