Said Sadi à Paris

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KABYLIE (Tamurt) – Devant une soixantaine de sympathisants, le leader du RCD est revenu sur la situation politique qui prévaut actuellement en Algérie. Il a décrit une caste au pouvoir en fin de vie qui n’arrive plus à trouver des ressorts nécessaires pour se pérenniser. Selon lui la le régime algérien est comme un produit périmé qu’on a maintenu congelé et qui commence à se décomposer à mesure que la température monte.

Après le pouvoir personnifié selon l’orateur par la fameuse sécurité militaire, c’est à la mouvance islamiste que le Dr Saïd Sadi réserve les critiques les plus acerbes. Si pour lui cette mouvance a perdu de sa nuisance de jadis, il demeure que ses partisans continuent à avoir une capacité de mobilisation sur un certain nombre de questions. Notamment celle de la mosquée d’Aghriv. Le Dr Sadi rappelle que le fait qu’il appartienne à ce village n’est pas étranger au grand tapage médiatique de ce bras de fer entre villageois sur l’implantation d’un lieu de culte.

En abordant le volet des rivaux locaux à sa formation politique, le Dr Sadi a lâché devant l’assistance « le FFS a disparu ! ». Pour étayer ses propos, il invoque sous un air de confidence sa rencontre avec un haut responsable de ce parti à l’enterrement de feu Arkoun. Il rapporte les propos alarmistes et une vision pessimiste de ce haut responsable de la formation politique du frère ennemi Hocine Aït Ahmed. Concernant le MAK le Dr Sadi a exhorté ses troupes à ne pas agresser les militants autonomistes. Comme l’ambiance était à la confidence, l’ex-ami de vingt ans de Ferhat Mehenni a soutenu que sa formation a encouragé la mouvance autonomiste vers ses débuts dans le but de provoquer une « tchektchouka » politique.

Sur le plan régional, le conférencier a rappelé que les voisins de l’Algérie sont largement en avance. Il a rappelé que l’Algérie a intérêt à se maintenir à flot pour rester au même niveau que le Maroc et la Tunisie, en espérant qu’elle ne les entrainera pas vers le fond.

Le débat a été ouvert par un militant qui apparemment en avait gros sur le cœur. Suite à cette montée de ton, qui toutefois n’a rien d’exceptionnel dans un débat démocratique, M. Arezki Aider, secrétaire national de l’immigration m’a convoqué dans son bureau pour me demander de lui remettre l’enregistrement de ma camera, arguant que c’est une réunion interne interdite au public. Après d’âpres négociations, j’ai pu sauver la tête de mon film. Apparemment, à force de combattre la dictature, on reproduit les mêmes comportements que l’on prétend combattre, n’est-ce pas Docteur Sadi? S’agissant de son excellence le député Aider, je ne comprends toujours pas comment on peut continuer à venir se goinfrer de bananes en France alors qu’on est désigné élu du bon peuple de cette république bananière, l’Algérie.