Said Sadi chassé de la marche de Bgayet

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Said Saadi
Said Saadi

KABYLIE (TAMURT) – Des manifestants ayant aperçu l’ex-président et fondateur du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) ont chassé ce dernier de la marche qui a eu lieu ce vendredi dans la ville de Bgayet dans le cadre des manifestations du vendredi qui ont lieu régulièrement depuis le 22 février. De son côté, Said Sadi crie à la manipulation.

En effet, plusieurs manifestants présents à la marche de Bgayet en ce vendredi, le septième depuis le début de la révolution algérienne, ont crié la fameuse phrase « Dégage ! » une fois Said Sadi ayant été reconnu au milieu de la foule qui marchait. Said Sadi et ses accompagnateurs ont quitté immédiatement la manifestation. Sadi Sadi n’a pas tardé à signer sa version des faits et sa réaction quelques heures après l’incident. Said Sadi explique : « Après m’être rendu à l’enterrement du défunt Idir Achour, je suis revenu, avec deux amis, sur Bejaia pour prendre part à la manifestation de ce 4 avril au chef lieu de wilaya.

Au bout d’environ 900 mètres de la marche au cours desquels des centaines de citoyens m’ont salué tout en prenant des selfies avec leur famille, j’ai observé un individu incitant trois autres à m’invectiver en donnant une tape sur l’épaule à l’un de ses acolytes avant de disparaître. Une caméra était opportunément installée précisément au même endroit. Cet incident est sans importance au regard du civisme et du comportement qui ont prévalu entre les autres citoyens et à mon endroit. C’est surtout insignifiant au regard de ce qui s’est passé ce jour dans l’ensemble du pays pour l’avènement d’une nouvelle ère en Algérie ».

L’ancien détenu du printemps berbère ajoute : « Ce sur quoi il faut par contre veiller et qui donne crédit à l’hypothèse du traquenard, ce sont les commentaires, rares il est vrai, qui ont aussitôt suivi la diffusion quasi immédiate de ces images où l’on peut lire des insanités accablant les Bougiotes. Il est impératif de ne pas tomber dans ce piège. C’est exactement ce qui est attendu par les résidus des services spéciaux en voie de délabrement. Ces officines sont nos ennemis historiques. Elles sont dans leur rôle. L’Algérie ne sera libre et démocratique que le jour où tous ces organes parallèles auront disparu. J’ai fait de cette disparition un élément prioritaire de mon combat de toujours. Cela devient, en ces heures critiques, une urgence absolue ».

Il y a lieu de rappeler que depuis le début de la révolte populaire en Algérie, Said Sadi n’est pas le seul homme politique à avoir été chassé des marches. Il y a eu, le même jour, Rachid Nekkaz et avant ces deux personnalités, d’autres hommes politiques ont été « accueillis » aussi par des « dégages ! » lancés par les manifestants. On peut citer l’une des premières victimes de ce genre de réactions, à savoir, Ali Ghediri, ex-candidat aux élections présidentielles annulées du 18 zavril 2019.

Idir Amrouche