Salah Belaid : un kabyle contre les kabyles

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Professeur Salah Belaid
Professeur Salah Belaid

KABYLIE (TAMURT) – Le pouvoir algérien trouve toujours et à chaque époque, un kabyle de service pour tirer sur les kabyles et sur la Kabylie. A chaque fois que le pouvoir algérien a besoin de mater la Kabylie ou de s’en prendre aux idées et aux idéaux des kabyles, il déniche avec une facilité déconcertante un enfant de la région qui occupent un poste de responsable très haut et qui assume la sale besogne avec « brio ».

Cette fois-ci, c’est Salah Belaid qui est de nouveau chargé de la mission de s’en prendre au fait que tous les kabyles aient adopté les caractères latins pour la transcription de tamazight et ce, depuis Boulifa puis Mammeri etc. Salah Belaid est un kabyle qui a choisi de s’inscrire en porte à faux avec ses « frères kabyles ». Il a été bien récompensé par le président Bouteflika qui l’a désigné carrément président du Haut Conseil à la Langue Arabe. Sur le plan éthique et logiquement, Salah Belaid aurait mieux fait de s’occuper de ses oignons. C’est-à-dire de la langue arabe qui est loin de se porter bien en Algérie où même le Conseil des ministres se tient en langue française. Et tous les débats sérieux et de haut niveau se font également en langue française. Salah Belaid est donc loin d’avoir mené à terme sa mission pour s’ériger en donneur de leçons aux amazighophones et aux kabyles. Pourtant, Salah Belaid vient de se faire remarquer en déclarant, toute honte bue, que la langue tamazight devrait s’écrire impérativement en caractères arabes. La suite de la chanson est connue puisque avant Salah Belaid, il y a eu d’autres kabyles du même acabit à l’instar de Abderrezak Dourari, Mohand-Arezki Ferrad et quelques autres énergumènes dont on n’a jamais entendu parler ni pendant le printemps d’avril 80, ni lors des événements de 1985, ni en 1988, ni en 1994/1995 (année de la grève du cartable pour tamazight), ni en 2001, ni, ni … Le hic, c’est que Salah Belaid et consorts ne cesse de s’enorgueillir et d’affirmer qu’ils des académiciens.

Comment osent-ils alors se prononcer sur un sujet scientifique qui n’est pas du tout de leur domaine de compétence ? La réponse : quand on est des chargés de mission habilité de surcroit, on peut se prononcer sur toutes les questions. Même celles envers lesquelles on voue une hostilité avérée et à laquelle on n’a jamais exprimé un quelconque intérêt durant toute sa carrière universitaire. C’est le cas de Salah Belaid qui gagnerait à aller s’occuper de langue d’El Moutanabi avant qu’il ne soit trop tard. En tous les cas, le fait que Salah Belaid plaide pour les caractères arabes en sachant que dans toutes la Kabylie (les écoles, l’université…), tamazight est transcrite en caractère latins, depuis des décennies, veut dire tout simplement, que cet homme s’oppose aux siens, c’est à dire aux kabyles et c’est dommage et malheureux pour… lui.

Tarik Haddouche