Samedi 8 juin à Agouni N’teslent : Hommage à Djillali Said El hadj

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HOMMAGE (Tamurt) – Djillali Said El hadj est né en 1960 à Agouni N’teslent . Après avoir fréquenté l’école primaire du village, il poursuit ses études moyennes au CEM d’ Amar Ath Chikh puis secondaires au lycée Ben Boulaid à Ain El Hammam (ex-Michelet).

Natif d’Agouni N’teslent, un village connu pour son organisation et effervescence culturelle, il affiche, dès son très jeune âge, un intérêt colossal pour l’éclosion des énergies des jeunes de son village et une ferveur singulière pour la lutte identitaire. Sa participation active aux évènements 80 à Michelet lui vaut l’exclusion des bancs d’école.

Vient 1982 où il rencontre un autre pilier de la revendication berbère en l’occurrence Ferhat Mhenni. Une complicité commence entre les deux compères qui débouchera sur un long parcours au sein du Mouvement Culturel Berbère (MCB). Ferhat Imaziγen Imula (ou L’ancien pour les initiés), disait de lui que déjà à cette époque-là « il était un militant complet ».

Djillali Said El hadj est de tous les rendez-vous qui ont marqué l’Algérie en générale et la Kabylie en particulier. Il fait partie du comité de soutien aux détenues de la première Ligue Algérienne des Droits de l’Homme (LADH) où il sillonne les quatre coins de la Kabylie pour la collecte des fonds pour les familles des détenus.

En 1988, la préparation des assises du MCB donneront naissance au Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD). Djillali accompli un travail de fourmi pour la réussite de cet évènement tout en collaborant avec d’autres militants à la création de l’association Si MOH U MHAND à Ain El Hammam. Ne s’arrêtant pas là, il est derrière la création de presque toutes les associations culturelles de la région, dont le collectif « Mohya » qui donnera naissance à l’association Taγerma d’Agouni N’teslent. Il participe au premier forum des associations culturelles amaziγ à Tizi-Ouzou.

En 1990, il participe au premier colloque international sur tamaziγt à Ghardaïa. Plus tard il se rend à Agadir (Maroc) pour une conférence sur la langue amaziγ où il s’est vu subir des pressions de la part des autorités marocaines et algériennes à l’époque.

En 1993, à la création du MCB « Coordination Nationale », en militant averti, il prône activement pour la réussite du boycott scolaire. Après un désaccord avec la Direction du RCD, il proclame la naissance du MCB « Rassemblement National ».

Parallèlement il fait partie du comité de soutien pour la réalisation du premier film algérien d’expression amaziγ « la colline oubliée » et est également l’initiateur principal du film documentaire « Anazur n weglim d uγanim » sur la vie et l’œuvre de Kaci Iboudrarène.

Ce militant infatigable décéde en 1997 (il n’a que 37 ans) suite à un accident de route (Bordj-Menail) avec deux de ses cousins, laissant derrière lui un parcours riche d’évènements historiques et une vie complètement dédiée au combat identitaire et démocratique.

Un hommage sera rendu à son militantisme pour la cause berbère et la démocratie samedi 8 juin au village Agouni N’teslent.

Au programme :

08h00 – 16h00 : Exposition photos.

10h30 : Cérémonie de recueillement (dépôt de gerbe de fleurs,avec prise de parole et témoignages)

12h30 : « Lwaεda » (collation)

Un hommage sobre pour un grand homme modeste qui a toujours fuit Les Feux de la rampe

Comité d’organisation