Secteur de l’enseignement dans la wilaya de Tizi-Ouzou – Le SATEF exige la tête du directeur de l’éducation de la wilaya

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La rencontre avec la presse a duré plusieurs heures. « La solution définitive au calvaire que nous subissons depuis des années, ont déclaré les conférenciers, est le départ du directeur de l’éducation de la wilaya de Tizi-Ouzou, M. Nourredine Khaldi. Chaque intervenant a témoigné de son lot de malheurs. Et selon leurs témoignages, leur source de malheur provient du fait d’avoir résisté au diktat de certains responsables de la direction de l’éducation dont les tentacules ont même atteint le pouvoir politique. Des inspecteurs du secteur de l’enseignement ont également avoué que leur descente jusqu’aux abysses de l’enfer a commencé le jour où ils ont dénoncé les détournements et les malversations opérées exagérément dans certains établissements scolaires, à savoir les établissements placés sous leur autorité de contrôle. Pour « apprendre » à vivre à ces partisans de la gestion honnête et rationnelle, la hiérarchie charge « ses éléments » pour les (inspecteurs) accuser, et ce, avec de fausses preuves, d’incompétence et d’abus de pouvoir. C’est ainsi que plusieurs de ces fonctionnaires honnêtes se sont retrouvés au banc des accusés. Et leurs tentatives de rétablir la vérité se sont toutes vouées à l’échec, et ce, pour la simple raison que leurs rapports mentionnant leurs plaintes ne parviennent jamais à l’autorité concernée.

Que faut-il dire quand une trentaine de rapports sont restés sans la moindre réponse. Hélas, la « sanction » n’est pas seulement limitée à l’absence de réponse et de réaction de la part de qui de droit. En effet, les « Manitous » de la direction de l’éducation de la wilaya, à leur tête, le sieur Nourredine Khaldi, réagissent à l’endroit de l’honnête inspecteur, responsable de la dénonciation des détournements et de mauvaise gestion, par de terribles sanctions qui, souvent, se traduisent par des retenues sur salaire, la suppression de primes, des mutations. Dans certains cas, c’est carrément la rétrogradation. Pour justifier cette mesure de rétrogradation, les personnes incriminées dans les détournements et mauvaise gestion sont chargées de faire de fausses déclarations à l’endroit du malheureux honnête fonctionnaire qui a osé déranger « l’ordre établi ». Beaucoup d’établissements éducatifs sont cités comme étant « pris en otage » par des fonctionnaires véreux. Dans certains établissements, les détournements d’argent ont dépassé 5.000.000, 00 DA sans pour autant que les voleurs ne soient inquiétés. Il faut reconnaître aussi que certains chefs d’établissements scolaires et leurs intendants sont l’émanation même du diable. Sur les factures et registres comptables, ils mentionnent les produits achetés et les prix versés alors que dans la réalité, rien n’a été acheté. En ce basant sur ces documents officiels, établis naturellement en fausse écriture, un néophyte ou tout simplement un esprit innocent peut penser que les élèves fréquentant ces établissement se nourrissent comme des princes et des rois et les conditions matérielles de leur école sont semblables à celle d’un palace. Dans la réalité effectivement, leur école est pauvre comme le Moulin de Maître Cornil et eux-mêmes se nourrissent à la manière de Maître Cornil, c’est-à-dire de très peu.

Sur le plan des promotions, l’iniquité est aussi flagrante que stupide. Une enseignante, licenciée en tamazight, devait enseigner dans un lycée ou au moins dans un collège puisque son titre universitaire et professionnel le lui permet. Pour avoir refusé tout compromis, les responsables du personnel de la direction de l’éducation ont tout simplement décidé de la sanctionner en l’affectant dans une école primaire avec le statut d’institutrice. Par conséquent, le salaire devient aussi moins onéreux. Faute de parade dans l’immédiat, la malheureuse enseignante accepta son sort. Elle a décidé toutefois de rouspéter. C’est alors qu’on lui fait comprendre que pour être payé comme universitaire, il lui fallait passer le concours. Confiante en ses capacités intellectuelles et scientifiques, elle passa le concours qu’elle obtient d’ailleurs avec une excellente note. C’est alors que ses bourreaux firent une nouvelle volte-face. Ils ont demandé tout simplement de se désister de cette admission au concours. Un autre enseignant, répondant au nom de Boualem Benaï, a été carrément accusé de pédophilie sur ses élèves rien que pour le chasser de son logement de fonction. Selon son propre témoignage, il avait l’habitude d’acheter de sa propre poches des chocolats et des bonbons pour ses élèves. La directrice qui convoitait son logement de fonction pour le mettre à la disposition d’une autre enseignante a trouvé en ses gestes paternels un excellent moyen de « l’anéantir ».

En effet, en coulisse, elle a alerté les parents d’élèves concernés des
attouchements sexuels dont sont « victimes » leur progéniture. Ce fut un véritable séisme. Selon les calculs de la directrice, seule la direction de l’éducation pouvait être informée puisque une décision « interne » pouvait apporter les résultats attendus. Mais voilà que les gendarmes sont informés de ce cas. Ces hommes de loi, agissant en conformité avec les lois de la république, ont saisi le procureur de la république. Dès lors la justice fut actionnée. Il se trouve aussi que la justice fonctionne dans le respect des lois de la république. C’est pourquoi, un gynécologue assermenté fut appelé à examiner les pseudo- victimes de l’enseignant qui a failli perdre la raison suite à cette accusation infâme. Les examens opérés par le médecin sur les élèves ont prouvé qu’aucun d’eux n’a subi une violence sexuelle. Lors de l’audience, le procureur jusqu’à questionner en aparté toutes les pseudo-victimes de
l’accusé avec la question que voici : « Est-ce que ton mètre d’école achète des chocolats et des bonbons pour tous les élèves de la classe ou pour toi seulement et est-ce qu’il vous les distribue collectivement ou chacun tout seul ? ». Question intelligente/ A travers leurs réponses qui se sont corroborées, le magistrat a compris et déduit que le geste généreux de l’enseignant n’était que de nature paternelle. Cependant, l’affaire est toujours en justice. Pourtant, l’accusation remonte au mois de février dernier. La victime de cette infâme accusation exerçait ses fonctions à l’école primaire des Frères Madoui dans le village Boufhima, comme de Draâ-El-Mizan. Rien que pour chasser un homme de son logement de fonction, certaines âmes ayant bu à la fontaine du diables sont prêtes à l’atteindre dans ce qu’il a de plus cher : son honneur. En dépit de cela, la direction de l’éducation n’a pas jugé bon de rétablir l’enseignant dans ses droits et sanctionner son accusatrice.

Une autre dame, chargée de la correction des copies de l’examen du baccalauréat, a subi de lourdes pressions de la part même des fonctionnaires du secteur éducatif pour donner de bonnes notes à certains candidats même si leur travail laissait à désirer. Par la bouche de cette dame et d’autres témoignages de bonne foi, on a décidé l’admission au baccalauréat de certains candidats sans pour autant l’avoir méritée. En général, les bénéficiaires de ces faveurs sont les enfants de gros bonnets. A noter que ces tricheries au baccalauréat ne sont un secret pour personne. Même le président de la république le sait. Un autre intervenant, un certain Amar A. a avoué que sur depuis 2009 à ce jour, il n’a reçu que l’équivalent de 17 mois de salaire. Son « tort » a été de dénoncer des pratiques malsaines dans le secteur de l’éducation de Tizi-Ouzou.

Une autre enseignante a également témoigné de sa suppression de salaire depuis belle lurette à cause de son refus de subir l’inacceptable. Le plus révoltant dans cette situation et, au même temps, pousse à de sérieuses interrogations est le refus de la direction de l’éducation de rendre exécutoire les décisions de justice. Dans tous les pays du monde, les décisions de justice priment sur tous les articles et lois d’autres institutions. Ici en Algérie, de simples « scribouillards » font la miction sur les verdicts de la justice.

Assurément donc, d’autres puissances, politiques et financières notamment, appuient et encouragent ces « scribouillards » quant à ignorer ces décisions de justice. Pour toutes ces raisons, le SATEF n’arrête pas d’exiger une commission d’enquête pour faire toute la lumière sur la situation dramatique que le secteur éducatif de la wilaya de Tizi-Ouzou voilà longtemps déjà. Dans sa déclaration, le SATEF s’interroge sur l’identité du protecteur du directeur de l’éducation de la wilaya et sur les raisons qui motivent le ministère de l’éducation nationale à refuser l’envoi d’une commission d’enquête à Tizi-Ouzou alors qu’il accorde ce droit aux autres wilayas du pays. Les signataires de la déclaration s’interrogent également sur la nature de la chose qu’on veut cacher à Tizi-Ouzou. Devant ces multiples maux, le SATEF a laissé entendre que dès la rentrée scolaire prochaine, la première action à entamer se portera sur le départ du directeur. « Si les responsables concernés ne se décidaient pas à le muter, nous le ferions partir de force », nous ont affirmé nos interlocuteurs.

Addenda : le mal du secteur éducatif de la wilaya de Tizi-Ouzou de date pas de 2007, année de l’arrivée de M. Nourredine Khaldi. La corruption et les passe droit datent depuis au moins le début de la décennie 1980. Toutefois, cela ne permet à personne d’affirmer que l’actuel directeur de l’éducation est moins malhonnête que ses prédécesseurs. D’ailleurs selon certains analystes, le pouvoir politique algérien choisit des responsables pour la wilaya de Tizi-Ouzou en fonction du degré de leur servilité. Pour Alger donc, un bon responsable à Tizi-Ouzou est celui qui veille à la destruction et l’immoralité de son secteur de compétence. C’est pour cette raison que des sanctions sont prononcées à l’endroit des compétences et des honnêtetés, notamment celles militant pour le changement positif.

De Tizi-Ouzou, par Saïd Tissegouine