Selon Hend Sadi, Rachid Boudjedra a refusé de soutenir les détenus kabyles

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Hend Sadi

KABYLIE (Tamurt) – Le romancier Rachid Boudjedra avait refusé catégoriquement de soutenir les détenus kabyles de 1985, a révélé Hend Sadi, ancien militant du Mouvement Culturel Berbère-MCB et animateur du printemps berbère de 1980.

Hend Sadi qui intervenait dans le cadre de la célébration du trente-huitième anniversaire du printemps berbère à Alger, au siège du Rassemblement pour a Culture et la Démocratie (RCD) a indiqué que, lors de la tenue du procès des détenus de 1985 (Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme), lui et ses compagnons de lutte avaient convié les écrivains à s’exprimer et à prendre position sur cette affaire. Mais, rappelle Hend Sadi, seulement deux écrivains avaient jugé utile de répondre favorablement à leur sollicitation. Il s’agit de Kateb Yacine et Hend Sadi n’a pas révélé le nom du second auteur qui les a soutenus.

En revanche, le célèbre et talentueux écrivain Rachid Boudjedra (auteur, entre autres, du chef-d’œuvre La répudiation) a refusé catégoriquement de s’exprimer sur cette affaire, a précisé Hend Sadi. Ce dernier a affirmé qu’il détient même le preuve de ce qu’il avance. En effet, Hend Sadi a rappelé que Rachid Boudjedra leur avait déclaré, en guise de justification à son refus de prendre position en faveur des détenus : « Vous appelez ça une ligue (Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme) ? Il n’y a que des Kabyles. Qu’ils restent là où ils sont ». Il faut rappeler que les positions de Rachid Boudjedra, notamment durant la période de clandestinité (avant 1988) étaient très mitigées concernant le combat identitaire amazigh. Hend Sadi vient ainsi confirmer et apporter les preuves de la position de Rachid Boudjedra sur le combat pour tamazight et la démocratie. En attendant d’autres révélations concernant d’autres personnalités notamment celles qui se sont converties ces derniers temps en de « défenseurs » de l’amazighité afin de bénéficier de privilèges à l’aune de l’annonce de la création de l’Académie de langue tamazight.

Hend Sadi et les autres figures de proue du MCB devraient sortir de leur silence car ils sont les mieux placés pour démasquer et débusquer les militants de tamazight de la vingt-cinquième heure.

Tahar Khellaf