Selon les révélations d’un fonctionnaire de l’ADE : « La gendarmerie nous empêche de préserver Assif N’Sébaou »

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KABYLIE (Tamurt) – L’extraction et l’exploitation sauvage du sable de la rivière de Sébaou qui longe toute la Grande Kabylie, du haut des montagnes du Djurdjura pour déboucher sur les rives de Boumerdès, n’a pas livré tous ses secrets.

Une véritable mafia financière s’empare de cette richesse sans que personne ne bouge le petit doigt. On prive les Kabyles de ce sable, mais on livre des centaines de camions chaque jour vers d’autres régions d’Algérie, avec la bénédiction de la gendarmerie nationale, un corps de sécurité source de tous les maux de la Kabylie.

L’information de notre article publié le 10 mai dernier sur les responsables de l’exploitation du sable à Tizi-Ouzou, sous le titre « Le général Bousteilia et Moh El Qom derrière ce pillage », vient d’être confirmée par un autre responsable de l’Algérienne Des Eaux (ADE). Notre interlocuteur a accepté de nous donner plus de précision sous la condition de garder l’anonymat. « Je risque pas seulement mon poste de travail si on découvre que c’est moi qui aie divulgué cette information à la presse, mais je risque certainement ma vie », nous confie–t-il.

L’implication des hauts responsables de la gendarmerie dans le bradage des richesses naturelles en Kabylie n’est plus à démontrer. Le responsable de l’ADE nous a affirmé que vers la fin de l’année 2012, et face à l’exploitation et l’extraction à outrance et en toute impunité par certains individus du sable de la rivière Sébaou à Tizi-Ouzou, les responsables de son secteur ont décidé d’agir. « Notre premier responsable a envoyé une équipe de notre entreprise pour avertir certaines sablières de cesser leur activité illégale. En se rendant chez le principal exploiteur, Moh El Qom, du côté de Tadmaït, on ne l’a pas trouvé sur les lieux. L’un des gardiens qui est le responsable du parc de cette gigantesque sablière à qui nous avons remis la mise en demeure, nous a conseillé poliment de laisser tomber l’affaire ».
« Effectivement, ce monsieur sait de quoi il parle. Ses paroles ont été confirmées bien avant que l’on rentre à notre siège administratif de l’ADE à Tizi-Ouzou», nous déclarera notre interlocuteur.

Il affirmera qu’en cours de route, le directeur de l’ADE a invité son équipe à rentrer immédiatement et d’annuler leur sortie qui consistait à avertir d’autres sablières. « Le premier responsable de l’ADE ne nous a donné aucune explication sur l’annulation de cette mission. Par la suite, nous avons su qu’un haut responsable de la gendarmerie, dont on ignore l’identité, a ordonné, expressément et dans un langage qui frise la vulgarité, à notre responsable, de cesser d’intimider les patrons des sablières à Tizi-Ouzou », ajoutera le responsable de l’ADE. Les dires de ce dernier ont été confirmés sur le terrain.

Personne ne touche aux activités de cette mafia du sable quel que soit son poste de responsabilité dans l’administration, y compris au ministère. Notre source précise aussi que la gendarmerie ne tolère pas seulement Moh El Qom. Même le président de la JSK Moh Chrif Hannachi a sa part du gâteau. Par contre, il est à signaler que pas moins de 40 pères de familles Kabyles croupissent dans les geôles du pouvoir pour avoir été pris dans des barrages de gendarmerie avec leurs camions chargés de sable. Cette politique de deux poids deux mesures n’est en réalité qu’une forme de colonialisme qui ne dit pas son nom. Tamurt.info y reviendra dans ses prochaines éditions, et avec des témoignages accablants de certains chauffeurs de ces « sablières intouchables » et également savoir comment les terroristes tirent profit, eux aussi, de l’extraction du sable de la rivière de Sébaou.

Youva Ifrawen

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