Selon maître Ali Yahia Abdenour : «L’anti-Berbèrisme ne date pas d’aujourd’hui»

15

CULTURE (Tamurt) – Le livre que vient d’éditer l’avocat Ali Yahia Abdenour, âgé de 93 ans, sur la crise Berberiste de 1949, dont il a été témoin, atteste que l’anti Kabylisme et l’anti-Berbérisme ne datent pas d’aujour’dhui. Un racisme contre les Kabyles et tous les Amazighes qui remonte au début du mouvement national durant les années 1930 et 1940.

Selon Ali Yahia Abdenour, en 1936, Messali Hadj, leader de l’Étoile nord-africaine, avait déclaré que « l’Algérie sera éternellement algérienne ». Mais dix ans plus tard, il changea d’avis. Messali affirmait que « l’Algérie sera arabe », une phrase qui résume, à elle seule, l’état d’esprit des responsables politiques arabophones de l’époque.

Ali Yahia explique que ce revirement est du à la rencontre du zaïm avec Azzam Bacha et Chekib Arslane à Paris.: « Après la Seconde Guerre mondiale, le PPA s’oriente totalement vers le Moyen-Orient et cela va s’accentuer avec l’arrivée de Jamel Abdennacer en 1952. Le parti n’emploie plus le terme d’Afrique du Nord mais du Maghreb arabe », fera remarquer Ali Yahia Abdenour.

La crise dite berbériste est donc issue d’un ensemble de dérapages idéologiques et de raccourcis pris sans la moindre réflexion, toujours selon Ali Yahia qui rappelle un mémorandum du bureau politique du PPA déclarant l’Algérie comme « une nation arabe et musulmane à partir du VIIe siècle ». Or, indique l’auteur de livre, les militants kabyles perçoivent cela comme un déni d’une Algérie qui a bel et bien existée avant l’occupation arabe. C’est cette même politique de ségrégation et de racisme qui a été prônée depuis 1962 à ce jour. Pis encore, les populations Amzighones font face à des assassinats et persécutions de tous genres.

Saïd F