La transcription de tamazight en « latin » sera maintenue en Kabylie

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KABYLIE (Tamurt) – Des sources sûres nous ont confié que le pouvoir algérien a fini par décider de laisser tomber définitivement l’option de transcrire la langue tamazight en caractères arabes, du moins dans les wilayas de Kabylie. Il aurait même donné des directives fermes à ses « portes-paroles » officieux de ne plus faire l’apologie des caractères arabes car cette possibilité est totalement exclue. L’académie de langue tamazight qui sera mise en place prochainement  jouera le rôle d’entériner ce choix pour faire croire que ce sont les spécialistes qui ont tranché en faveur des caractères latins.

Mais pour prendre cette décision, le pouvoir algérien a d’abord tenté d’exercer une pression pendant très longtemps en actionnant notamment les médias lourds qui ont ouvert régulièrement leur antenne aux partisans de la transcription arabe. L’objectif recherché par cette entreprise était de tâter le terrain. Mais la réaction a été à chaque fois énergique de la part des kabyles lesquels, à l’unanimité, ont rejeté la remise en cause des caractères latins, employés depuis près d’un siècle par les kabyles, aussi bien dans les cercles scolaires et universitaires que par les autodidactes. La décision de maintenir les caractères latins pour la transcription de la langue tamazight en Kabylie s’est imposé en fin de compte d’elle-même.

Des milliers de licenciés et des dizaines de magisters et de doctorats ont été soutenus dans les caractères latins dans les départements de langue et culture amazighes de Tizi-Ouzou, Bougie et Tuβirets. Sans compter les milliers de mémoires de fin d’études et de recherches et autres travaux scientifiques menés depuis l’ouverture de ces départements au début des années quatre-vingt-dix pour deux d’entre eux (Bougie et Tizi-Ouzou). Le fait aussi que toute la production livresque en tamazight, dans la variante kabyle, ait été réalisée en caractères latins a également plaidé en faveur de ce choix. En plus, depuis 1995, des centaines de milliers d’élèves de la Kabylie ont suivi leur enseignement de Tamazight avec les caractères latins, comment alors pourrait-on se permettre de tout renier et de recommencer à nouveau ?

La remise en cause des caractères latins en Kabylie aurait donc été une folie simplement. Le pouvoir l’a bien compris. Mais il a maintenu sciemment le suspense pour donner l’impression que c’est sous la pression populaire kabyle qu’il a cédé face au choix des caractères latins. Mais dans les autres régions du pays, le choix ne sera pas porté sur les caractères latins, a-t-on appris en outre. Concernant les berbères des Aurès et de la région du Mazab, l’enseignement et la transcription de tamazight se fera en caractères arabes.

Quant aux wilayas berbérophones du sud, le berbère s’écrira en caractères Tifinaghs. Car, dans les deux cas, c’est le choix exprimé par les habitants de ces régions après que des séances de travail aient été effectués dans les localités en question.

Tahar Khellaf